Les spectacles du 37e salon – mars 2022

Les spectacles sont programmés à Beaugency, au théâtre le Puits-Manu et à la médiathèque La Pléiade, et à l’espace culturel Jean Moulin de Saint-Laurent-Nouan.

Les séances du vendredi sont réservées aux scolaires.

Les âges adaptés aux spectacles sont précisés en description. Les spectacles sont gratuits, sur réservation. Les modalités d’inscription seront indiquées début janvier.

VENDREDI 25 MARS 2022

Au théâtre Le Puits-Manu, à Beaugency :

crédits Nikola Krtolica

Vendredi 25 mars (scolaires) : 9h30 et 11h

Léon, du vent dans les plumes, de Julia et Elsa Chausson par la compagnie La Sensible, création 2021, avec Elsa Chausson.

30 min

Public : 3-6 ans

Spectacle de clown et théâtre d’objets inspiré de quatre livres-comptines de Julia Chausson, aux éditions Rue du monde : une bobine d’histoires burlesques et poétiques !

A la médiathèque La Pléiade, à Beaugency :

Vendredi 25 mars à 15h (scolaires)

Sauve-mouton, compagnie La Discrète, création 2020, avec Adrien Fournier et Alexandre Finck.

45 min

Public : à partir de 6 ans

Un duo de mime, pour une ode à l’imagination et à la lecture.

Un mouton s’est échappé d’un livre et sème la pagaille en voyageant d’un livre à l’autre dans une bibliothèque. Un jeune lecteur et un bibliothécaire s’associent pour le retrouver avant que la situation ne dégénère. Commence alors une aventure où les différents univers des livres se mêlent les uns aux autres.

La Soirée inouïe !

Une soirée d’improvisations musicales et dessinées, sur les lectures du public !

Lucie Albon (centre d’art Île Moulinsart) et Iara Kelly, photo de Chris Perona

Au théâtre le Puits-Manu, à Beaugency :

Le vendredi 25 mars à partir de 20h30.

Pour tout public à partir de 10 ans.

Le public est invité à partager un texte de son choix (extrait, poème, album, chanson…) pour une lecture à voix haute de 3 min maximum.

Il est possible de venir simplement écouter et partager un moment…

Les lectures sont accompagnées d’improvisations musicales et dessinées, avec la chanteuse brésilienne Iara Kelly et l’autrice-illustratrice Lucie Albon.

En partenariat avec la compagnie Les fous de bassan !

SAMEDI 26 MARS 2022

Au théâtre le Puits-Manu, à Beaugency :

crédits : Camille Voizeux

Samedi 26 mars à 10h30 et 15h30

Voir le loup, de Julia et Elsa Chausson par la compagnie La Sensible, création 2020, avec Elsa Chausson.

40 min

public : à partir de 7 ans

Conte et papier manipulé : un regard contemporain sur les versions orales du conte du Petit Chaperon Rouge. Dans un grand fracas de papier, le spectacle surprend les premiers désordres de l’adolescence. D’une feuille blanche nait une forêt d’encre… le langage pictural permet de contourner l’explicite et laisse libre l’interprétation du spectateur.

A la médiathèque La Pléiade, à Beaugency :

crédits : M[art]ha

Samedi 26 mars à 10h

Sauve-mouton, compagnie La Discrète, création 2020, avec Adrien Fournier et Alexandre Finck.

45 min

Public : à partir de 6 ans

Un duo de mime, pour une ode à l’imagination et à la lecture.

Un mouton s’est échappé d’un livre et sème la pagaille en voyageant d’un livre à l’autre dans une bibliothèque. Un jeune lecteur et un bibliothécaire s’associent pour le retrouver avant que la situation ne dégénère. Commence alors une aventure où les différents univers des livres se mêlent les uns aux autres.

DIMANCHE 27 MARS 2022

Au théâtre le Puits-Manu, à Beaugency :

Dimanche 27 mars : 10h et 16h

Prom’nons nous tous les trois, compagnie ReBonDire, avec Karl Bonduelle, Romaric Delgeon, Alix Debien/Elise Ballerau en alternance.

40 min

Public : 2-6 ans

Un trio chanté et musical qui invite au voyage au travers de mélodies, rythmes et langues du monde. Chansons en espagnol, en bambara, en breton, en créole…

VENDREDI/SAMEDI/DIMANCHE

Espace culturel Jean Moulin à Saint-Laurent-Nouan

vendredi 25 mars (scolaires) : 9h30, 10h45 et 14h

samedi 26 et dimanche 27 mars : 10h30 et 15h

Exposition et visites ludiques de “La famille Araigne” par la créatrice Rataplume

50 min de visite (30 personnes maximum)

à partir de 6 ans

Création ludique et poétique en textile d’une famille d’Araignes, personnages aux métiers merveilleux, prêts à partager leurs secrets avec les Zumains.

Journée de formation du mercredi 9 mars 2022

La journée de formation organisée par Val de Lire, en partenariat avec le CRILJ, aura lieu le mercredi 9 mars 2022 au théâtre le Puits Manu à Beaugency.

Au programme, une journée en lien avec le thème de cette 37e édition, « Allons voir ailleurs si nous y sommes » : des albums en plusieurs langues, de la poésie à travers le monde, des récits de voyage et d’exil, un parcours entre les mots et les images…

Nous rencontrerons deux invitées du salon du livre, l’autrice-illustratrice Julia Chausson, et la directrice éditoriale des éditions bilingues français-arabe le Port a jauni, Mathilde Chèvre.

Nous écouterons les analyses d’Euriell Gobbé-Mévellec, enseignante-chercheuse, sur les albums en plusieurs langues, et nous suivrons le regard de Christophe Meunier, formateur et docteur en géographie, sur la représentation de l’immigration dans les albums jeunesse.

Retrouvez bientôt le programme détaillé ainsi que le formulaire d’inscription.

Livre de poèmes paru au Port a jauni en octobre 2021, bilingue français-arabe.

Coup de coeur pour L’arrivée des Capybaras

Coup de coeur de Sylvie Van-Praët pour L’Arrivée des Capybaras d’Alfredo Soderguit, Didier Jeunesse, 2020.

Si vous n’aviez jamais entendu parler des capybaras voilà l’occasion de faire plus ample connaissance. Alfredo Soderguit vit à Montevideo en Uruguay. Il est scénariste, cinéaste mais il a aussi publié « Je suis un animal » chez le même éditeur.

Ces capybaras « poilus, mouillés et trop gros » arrivent dans une ferme où personne ne les attend et surtout pas les poules. Elles pensent vivre une vie paisible où il n’y a « jamais rien à signaler »- même si l’illustration où l’on voit une poule suspendue par les pattes emportée par le fermier contredit ce propos. Ils vont y être reçus comme des intrus et soumis à des règles strictes par ces dernières. Ils fuyaient les chasseurs et les voilà piégés dans une mare.

C’est par la rencontre, sur une double page, entre un petit capybara et un poussin que tout va basculer. Le jeune capybara dont l’horizon est fermé par les joncs fait face à un petit poussin dont l’horizon est fermé par un grillage. Cette amitié et le sauvetage du poussin, que le chien voulait dévorer, va modifier la relation des poules avec les capybaras. S’ils partent ensemble de la ferme, c’est que chasseurs et fermiers ne font qu’un : ce que le lecteur découvre vers la fin de l’album.

Tout l’album est illustré en noir et blanc, parfois sépia et s’y ajoute une touche de rouge sur le toit de la ferme, la crête des poules et les casquettes des chasseurs.

L’album ne se clot pas totalement puisque la dernière illustration met face à face les poules montées sur les capybaras et un troupeau de moutons à la mine renfrognée. Dans le ciel de cette dernière image apparait un vol d’oiseaux migrateurs. Car c’est bien sûr de cela qu’il s’agit : de la migration et de l’accueil de l’autre.

Coup de coeur pour Odette fait des claquettes

Coup de coeur de Sylvie Van-Praët pour Odette fait des claquettes, de Davide Cali et Clothilde Delacroix, éditions Sarbacane, 2020.

Ne serait-ce que pour le plaisir de retrouver les illustrations de Clothilde Delacroix, il ne faut surtout pas se priver de cet album qui est un vrai moment de plaisir où le propos de la différence est tenu avec humour autant par l’auteur que l’illustratrice.

Odette ne sait pas très bien à quoi s’en tenir : trop maigre pour ses parents, trop grosse pour ses camarades d’école, trop ceci, trop cela… Mais elle Odette, « Qui peut savoir ce qu’elle a dans la tête ? » Odette aime manger, danser en costume d’abeille devant son miroir et surtout lire les romans de Léo David pour y retrouver son héroïne préférée Sauterelle qui ne mange que des tomates et des pousses de soja.

Quand on est rondelette la tentation est grande de devenir comme les autres ne serait-ce que pour en être accepté. Alors Odette décide d’arrêter de manger. Mais une telle décision ne peut tenir longtemps face à une maman qui l’emmène au « Paradis des bonbons ». Quand l’arrivée de Léo David est annoncée dans sa classe, Odette ne se tient plus de joie. La surprise devient révélation quand Odette découvre que Léo David est une femme – « En fait elle s’appelle Léonie »-, »elle est énorme », elle adore les spaghettis bologneses et les gâteaux et surtout :  » Tout le monde l’écoute quand même, hypnotisé ».

L’illustration de Clothilde Delacroix se reconnaît tout de suite : un trait vif , une bichromie très maîtrisée, comme dans « Son chat-chat à sa Chouchoute » ou  » Son chien-chien à sa mémère » d’Agnès de Lestrade.

Le personnage d’Odette, très touchant, à la « Little miss sunshine « , est présenté le plus souvent sans décor, sur fond blanc. Les illustrations, réparties sur les pages d’une façon proche de la BD, donnent de la vivacité au récit et l’humour de Clothilde Delacroix s’y déploie.

Coup de coeur pour Cigale par Cyril Varquet

Cigale, Shaun Tan, Gallimard jeunesse

La découverte de l’album Cigale de Shaun Tan dans la librairie de Beaugency m’a donné envie d’écrire un coup de cœur, de par la singularité de celui-ci.

Que raconte cette histoire ? La carrière d’un employé dans une entreprise, tout simplement. Rares sont les albums portant un avis sur l’univers du travail, sur son utilité, les rapports avec les collègues, la hiérarchie… Mais également la différence, car le protagoniste est une cigale. Une cigale dans un monde humain déshumanisé et qui se dirigera vers un monde animal accueillant. Une cigale violentée mais une cigale, vers la fin, libérée. Libérée grâce à un voyage avec ses semblables, dans un environnement plus chaleureux. La fin n’est pas forcément une tragédie.

Les techniques artistiques mises en œuvre sont ingénieuses et efficaces. Texte concis et intelligemment écrit. Pas de verbe conjugué pour souligner l’absence de lien entre les travailleurs et la cruauté de la situation. Des illustrations sombres, remplies de métaphores (tel que le brouillard pour symboliser l’inconnu). Un récit rythmé par un mélange texte/image puis un passage sans texte, très intéressant!

A lire sans fin, dès le CM1… jusqu’en Terminale (et plus) pour l’aspect philosophique.
Une histoire qui nous questionne, aussi bien sur la violence actuelle et qui nous invite à un éventuel retour à la nature.