L’été 2020 avec Val de Lire

Lectures en extérieur avec Roulebarak :

Mercredi 8 juillet entre 16h et 18h, parc de la rue Croquemotte à Beaugency.

Mercredi 15 juillet entre 16h et 18h, aire de jeux de Tavers.

Mercredi 22 juillet entre 16h et 18h, parc de la rue Croquemotte à Beaugency.

LECTURES-ATELIERS

du 25 juillet au 30 août

Dans le cadre des Estivales de Beaugency :

des lectures et un atelier tous les mardis.

Comptines plurilingues, fresque sur le thème de l’été, création d’images en pop-up…

Renseignements sur les lieux et inscriptions auprès du pôle culturel de la ville de Beaugency : « un été à Beaugency ».


Programme :

Mardi 28 juillet à 16h : lectures et création d’une image pop-up.

Mardi 4 août à 16h : lectures en plusieurs langues et jeu de devinettes dessinées.

Mardi 11 août à 10h : comptines en français et à travers le monde.

Mardi 18 août à 16h : lectures et fresque sur le thème de l’été.

Mardi 25 août à 16h : lectures et création d’une image pop-up.

Des albums et des langues

Val de Lire s’appuie pour ses actions de lectures partagées sur un fonds d’albums qui permet de s’étonner de la variété des formes icono-textuelles existantes.

L’association s’attache aussi à proposer des albums ouverts sur la diversité linguistique.

Des albums bilingues, ou en langue étrangère, sont emportés dans les valises ou dans le camion Roulebarak, lors des rencontres avec des publics allant de la petite enfance aux adultes non francophones.

Retrouvez la description du fonds plurilingue de Val de Lire dans le document ci-dessous.

En mettant à disposition des albums en langues étrangères, Val de Lire cherche à ouvrir un espace de découverte, de discussion, aussi bien entre « monolingues », ne parlant que le français ou une autre langue, qu’avec les personnes plurilingues. Chacun peut y nourrir une curiosité pour d’autres expressions culturelles, des sonorités, des significations, des signes alphabétiques différents, mais aussi en retour interroger et prendre plaisir à sa propre/ses propres langues.

Les personnes présentes peuvent enrichir ce fonds en proposant des traductions écrites ou enregistrées au dictaphone.

Val de Lire nourrit sa réflexion et ses projets sur ce sujet au contact d’initiatives comme le séminaire Babil Babel de l’Agence Quand les Livres Relient, qui recueille et restitue des recherches théoriques et pratiques sur le plurilinguisme et la petite enfance. L’Agence rappelle que les bibliothèques, structures de la petite enfance et associations ont un rôle à jouer dans la valorisation de la diversité des langues et des cultures. Il s’agit non pas de considérer les langues selon une vision utilitariste, de « stratégie » sociale, mais de reconnaître la dignité de chaque locuteur dans sa langue, de permettre des discussions entre les cultures.

Coup de coeur pour le travail éditorial de Didier Jeunesse, collection de comptines et de chansons à travers le monde.

Les plus belles comptines d’Europe, propos de la directrice des éditions Didier Jeunesse, Michèle Moreau :

Nous souhaitons offrir à l’enfant une sensibilisation plus qu’une véritable initiation aux langues. Tous les enfants, et pas seulement ceux des familles bilingues, sont concernés.

Cette collection des éditions Didier Jeunesse présente des comptines, berceuses, chansons dans de très nombreuses langues. Les livres en eux-mêmes sont de belles créations, toujours magnifiquement illustrées. Les comptines/chansons sont rédigées dans leur langue d’origine, en phonétique lorsqu’il ne s’agit pas de l’alphabet latin, et enfin traduites. Certaines comptines sont mises en écho avec des comptines françaises, pour souligner les passerelles entre les cultures. Le lecteur peut trouver en fin de livre des commentaires sur le collectage des textes, leurs origines et une explication.

Ces livres sont toujours un support privilégié d’échanges lors des temps de lectures, que ce soit en faisant remonter des souvenirs d’enfance, en s’amusant à découvrir des textes courts et souvent savoureux inconnus, ou pour les partager simplement.

Ce sont des livres-CD, dont les interprétations sont aussi disponibles sur des plateformes d’écoute en ligne. Les accompagnements musicaux et les interprétations sont particulièrement réussies, absolument pas mièvres, que ce soit les chants par des enfants ou par des noms reconnus du monde musical. Au delà de la langue, on s’initie aux instruments et aux rythmes des pays traversés.

Projet  » Je n’ai pas ma langue dans ma poche « , soutenu en 2019-2020 par la Fondation SNCF.

Coups de coeur d’été

En attendant une programmation de lectures et d’ateliers cet été, retrouvez les coups de coeur des lectrices et lecteurs qui évoquent les beaux jours, les vacances, la mer, le temps suspendu, les jeux…

Coup de coeur pour J’aime l’été de Minne, illustré par Natali Fortier, éditions Albin Michel Jeunesse, par Roselyne Chassine.

Natali Fortier et  Minne - J'aime L'été....

Ce livre compile une foule de petits riens qui nous parlent à tous.

Des petits riens d’été…

Chaque page s’ouvre avec un « j’ai aimé » écrit de plusieurs plumes, celle de Minne, la tienne, la mienne assurément… Suivent quelques lignes qui, dans un style simple viennent chatouiller nos sens. L’illustration aux couleurs douces, toute en finesse ajoute une petite touche nostalgique à chaque page.

Des préparatifs au trajet, des siestes sous la chaleur écrasante à la fraîcheur du crépuscule, des secrets échangés aux histoires inventées, par petites touches, l’été s’offre à nous.

La contemplation d’une araignée dans sa toile, du parcours des fourmis, des nuages ou du ciel étoilé ; la caresse du brin d’herbe, les pierres de la rivière, l’écume des confitures et la brûlure du soleil, les rêves, les jeux de l’enfance jusqu’au jour où les hirondelles-pinces à linge se posent sur les fils et annoncent la fin de l’été…

Un joli livre qui ouvre la boîte à souvenirs des étés de l’enfance.

Coup de coeur pour Belle maison d’Anaïs Brunet, éditions Sarbacane par Isabelle Gracia.

Une couverture aux couleurs vives, avec deux enfants à l’extérieur d’une maison.

Anaïs Brunet, autrice et illustratrice, nous conte une histoire d’amour éternel, de nostalgie, de fratrie, de génération,de maison refuge. La narratrice, somnolente, est réveillée par la sonnette de la porte d’entrée. C’est l’été !

Les enfants sont revenus !

Ils passent de pièce en pièce, grimpent dans les étages, reprennent des repères, réinstallent la maison, lisent, redécouvrent des jeux, et vont vite regagner la plage. Une journée se déroule sous l’œil de la narratrice.

Mais qui est la narratrice ? Leur grand-mère ?

Non, c’est la maison familiale  de vacances qui revit, vibre, a des sentiments humains,veille avec bienveillance sur les enfants.

Ce soir, chers petits, je vous protégerai contre l’orage et la tristesse… N’ayez crainte : je vivrai assez longtemps pour vous voir grandir. Vous me quitterez un jour… Vous saurez où me trouver. Je demeurerai pour toujours, votre belle maison.

Anaïs Brunet

Coup de coeur pour Bulle d’été de Florian Pigé, éditions HongFei, par Marie-Claire Degrave.

Vacances d’été : un jeune garçon prend son petit déjeuner au bord de la piscine, les pieds dans l’eau, il observe un oiseau qui s’approche.Une double page les montre tous deux de profil dans une communion parfaite de couleurs et de regards.

Et le récit commence. Le garçon passe seul les vacances : il observe les petites bêtes, dessine, regarde la télé, s’ennuie un peu sans doute. L’après-midi, revêtu de sa cape de héros, il soigne les chats du quartier, enfourche son vélo et part à l’aventure.  « Le temps est comme suspendu », dit l’auteur, place alors à l’imagination et au rêve.

Parfois il croise Lily mais sans oser l’aborder ! Il se contentera de rêver d’elle.

Les vacances s’achèvent, elles ont passé vite… la chambre est bien rangée, c’est déjà la rentrée.

Une bonne surprise l’attend dans sa nouvelle classe.

Tout est réussi dans cet album : le texte, jamais puéril, sonne juste et va à l’essentiel ; les illustrations jouent sur les différents codes  (la BD, le dessin d’animation ) et varient les angles de vue . Le choix des couleurs chaudes correspond tout à fait à la sensibilité du garçon proche de la nature et la mise en page donne un rythme particulier à l’histoire.

Un grand coup de cœur pour cet album plein de poésie : enfin une histoire où il ne se passe rien, de l’émotion pure.

Coup de coeur pour L’un d’entre eux de Géraldine Alibeu, La Joie de Lire, par Sylvie Van-Praët.

Voici un album où l’illustration et le texte jouent à cache cache avec le sens d’autant plus facilement que les pages des illustrations et celles du texte se tournent indépendamment l’une de l’autre.

L’un d’entre eux mais lequel ? Surtout que le narrateur s’en mêle en fin d’album:

Je suis l’un d’entre eux.

Quelquefois,

j’imagine que je suis un autre.

Les illustrations mettent en scène, de page en page, les mêmes personnages reconnaissables à un vêtement ou un accessoire. Ils sont à la plage, dans les dunes, à la terrasse d’un café en bord de mer. Mais aucun indice ne permet de savoir ce que raconte le texte : lequel a un grain de beauté à l’intérieur du nombril, est un ancien agent secret, a un goût amer de dentifrice dans la bouche ? De plus cet univers de vacances assez ordinaire bascule lorsqu’apparaissent trois chevaliers et une princesse à cheval. Rêve ? Histoire que le narrateur se raconte ? Tournage d’un film ? Pourtant cette apparition ne perturbe en rien les activités des vacanciers…Mais à bien y regarder que fait ce pélican dans les bras d’une petite fille, quelles sont ces feuilles avec un gros point jaune distribuées à chacun d’entre eux à la fin de l’album : une photo de la femme photographe ? Le texte correspondant à chacun ?

Entre quotidienneté et onirisme, entre illustrations et textes, l’album nous invite à un parcours en tous sens. Car ici le sens de la lecture – du début à la fin – n’a guère d’utilité. On se balade dans les pages illustrées et les pages écrites jusqu’à ce qu’il soit l’heure de rentrer.

Coup de coeur pour Après l’été de Lucie Félix, Les Grandes Personnes, par Sylvie Van-Praët.

Le dessin très graphique de l’autrice nous emmène à travers les saisons de la pomme au pommier, de l’oiseau au nid, de l’automne à l’hiver et enfin à la couvée du printemps. Les découpes de la page de droite révèlent, lorsque l’on tourne la page, des formes sur la page de gauche.

Une pomme à croquer, un ver dans la pomme, un rouge-gorge qui mange le ver, un nid construit pour le rouge gorge …l’enchaînement des éléments évoque la comptine. D’autant que les phrases qui ne disent que l’essentiel jouent parfois d’une rime en « é » et donnent au récit sa fluidité.

Les catastrophes provoquées par l’orage et la tempête sont réparées par ce simple jeu de découpe qui donne à l’album ce ton poétique et un peu fantastique.

Les illustrations sont traitées en couleurs vives et les courtes phrases en bas de page, pour la plupart, laissent aux illustrations le soin de révéler l’histoire.

Coup de coeur pour Jouets des champs, d’Anne Crausaz, éditions MeMo par Nicole Verdun.

Sur la couverture cartonnée, un pied de coquelicots et des herbes folles. Parmi les fleurs de coquelicot, l’une avec seulement un pétale, une autre dont la corolle retournée transforme la fleur en poupée, et toutes les autres en bouton. L’œil de l’observateur est au ras du sol. Le dessin d’Anne Crausaz est fait d’aplats de vert et rouge, quelques détails au trait noir fin. La page de garde propose un pied de bouton d’or et deux graminées.

Et puis arrive l’invitation de la maman à la promenade, Lucien ira avec seulement Petit ours. La double page du départ de la chasse aux trésors nous montre le petit garçon marchant au milieu d’une superbe végétation de prairie : ombelles, graminées variées, boutons d’or, coquelicot, l’œil est toujours au ras du sol…Puis, le point de vue s’élève. Depuis le haut du bras, un akène d’érable se transforme en hélicoptère dont l’hélice tourne. Dans cette jungle où s’ajoutent maintenant liseron et trèfle, Petit ours est perdu … puis retrouvé. L’observateur domine maintenant un espace où les pissenlits laissent envoler leurs graines comme des parachutes. Des corneilles se posent dans la prairie. Allongé dans l’herbe Lucien se repose, se laisse chatouiller par une coccinelle, regarde la lune en plein jour. Il apprend à faire des bateaux avec du bois et des feuilles, des poupées avec les fleurs de coquelicots, une couronne avec celles des pissenlits. À la fin de la journée, de retour à la maison, il admire sa récolte.

Toutes les illustrations sont en double page, le texte vient se poser dessus.

Anne Crausaz, avec cet album, propose une promenade d’été, bucolique et tendre, ponctuée de dialogues à minima. Elle invite, petits et grands, à prendre le temps de regarder, de rêver, de glaner, de construire des petites choses. Son dessin précis et léger restitue un monde végétal de bord de sentier ou de prairie. Si on regarde bien, on peut le voir bouger sous le léger souffle tiède du vent … 

Coup de coeur pour Pipi dans l’herbe, de Magali Bonniol, L’école des loisirs, par Nicole Verdun.

Que celles, petites ou grandes, qui n’ont jamais ressenti une envie pressante au cours d’une randonnée ou d’un après-midi dans la nature lèvent la main ! Une petite fille, au milieu d’un pré, se trouve saisie par cette envie. Ce sont ses paroles et ses réflexions qui sont transmises au lecteur par l’autrice par l’utilisation du « je » . Le défi à relever : choisir le bon endroit. Celui qui ne soit pas être ni envahi par les orties, ni habité par une grosse araignée… Le lieu idéal étant repéré, la petite fille peut se soulager en espérant que l’araignée ne l’a pas suivie. Oui, mais voilà, la belle rivière de pipi, sème la panique chez les fourmis, provoque l’inondation pour la coccinelle. La petite fille porte secours aux petites bêtes, mais trouve tout de même qu’elles font beaucoup d’histoires pour pas grand chose !

Les phrases courtes, qui reprennent les paroles de la fillette sont présentées sur la page de gauche et l’illustration sur la page de droite. Traits fins noirs pour le dessin, les surfaces sont colorées en couleurs unies. Le visage et les attitudes de la petite fille traduisent ses émotions ou réflexions. L’histoire commence de façon réaliste et se termine par un dialogue purement imaginaire avec la coccinelle.

Coup de coeur pour Le Voyage de l’âne d’Isabelle Grelet et Irène Bonacina, Didier Jeunesse, par Marie-Claire Degrave.

L’âne tourne en rond dans la ferme : toujours les mêmes animaux, les mêmes activités ! Quelle vie monotone ! Alors aux beaux jours, il répare un vieux combi et décide de partir ailleurs, vers le sud.

Mais les autres aussi, le coq, le cochon, le lapin, la chèvre ont envie de participer au voyage. Entre amis, on est solidaire : l’âne est facilement convaincu de l’utilité de chacun et un beau matin, en route !

Une vraie fête ! On traverse la France puis l’Espagne. Quand un animal trouve le lieu idéal à son épanouissement personnel, il s’arrête. Finalement l’âne arrive seul à Gibraltar. La mer, le soleil, l’horizon… que c’est beau !

Oui, mais il ne tarde pas à tourner en rond en quête d’un autre bonheur : l’amour.

Justement, une « ânesse aux belles tresses » répare un pédalo pour gagner l’Afrique. Elle accepte la compagnie de l’âne mais c’est elle qui tiendra le gouvernail, à gauche. Très belle conclusion !

Cette histoire est très agréable à lire avec les enfants. Les illustrations sont détaillées, amusantes, les personnages expressifs, et les doubles pages sur le parcours donnent envie de découvrir ces paysages. Le texte (des dialogues entre les animaux) suit toujours le même schéma donnant ainsi un rythme particulier que les enfants mémorisent. S’ajoute un vocabulaire d’une grande richesse.

Un album idéal après le confinement !

Coup de coeur pour Moon Brothers, par Sylvie Van Praët

Moon Brothers, Sarah Crossan, traduit par Clémentine Beauvais, Rageot, 2019.

Pour Joe, Ed c’était son « frère, mais c’était aussi un genre de père et de meilleur ami ».

Si Joe part pour le Texas c’est pour retrouver ce frère qui est parti il y a longtemps. Il n’était alors qu’un petit garçon dans une famille sans père et quasiment sans mère.

Maintenant Edward Moon attend son exécution à moins que la cour d’Etat, la cour suprême et en dernier recours le gouverneur n’en décident autrement.

Joe raconte ses journées, ses rencontres au parloir avec ce frère à qui il ne sait pas quoi dire..

Joe se souvient de lui, si prévenant, qui l’emmenait à l’école et lui racontait des blagues.

Joe ne peut croire à la culpabilité de son frère.

« Ils ont coffré Ed pour le meurtre d’un flic,

un crime bien moche,

mais tous les criminels ne finissent pas sur la chaise,

électrique. »

Dans la touffeur du Texas Joe bricole une voiture en gage de quoi on lui fournit une chambre et de quoi manger.

Entre les parloirs et les souvenirs Joe redécouvre ce frère comme un « mec bien » et l’attente n’en devient que plus oppressante.

Et puis il y a Nell, une fille délurée qui prend de plus en plus de place « Je pense à Nell, son short, son T-shirt lâche, pas à Ed et à son jogging ».

De chapitre en chapitre le temps s’écoule et le gouffre se creuse entre la résignation de Ed et l’espoir mêlé de colère de Joe.

Le récit est à la première personne et le narrateur nous livre sans voile, ses impressions, ses souvenirs, ses émotions, ses désirs et ses défaites. Cela donne à ce livre une forme très particulière de chapitres très courts, le plus court étant celui-ci :

 » Jour suivant

Pareil « 

et des chapitres plus développés dont l’un des plus longs est sans doute le récit par Ed du périple qui lui valut de se retrouver en prison.

« Moon Brothers » ressemble ainsi à un journal intime où les personnages de sa sœur, sa mère, sa tante sont dévoilés progressivement au fil des souvenirs et l’histoire de Joe se construit comme un puzzle où le lecteur est très actif.

C’est bien sûr un plaidoyer contre la peine de mort pratiquée encore aux Etats Unis.

Coup de coeur pour Inséparables, par Anouk Gouzerh :

A découvrir, de la même autrice : Inséparables (éditions Rageot, 2017), l’histoire de Grace, sa rentrée au lycée, son premier amour, sa relation avec sa soeur Tippi, sa famille… une histoire classique, sauf que Grace et Tippi sont des « soeurs siamoises », aux tempéraments bien différents.

Le livre est, comme Moon Brothers, écrit en vers libres, et évite avec talent le voyeurisme, le pittoresque ; il explore toute la complexité des relations entre les personnages, et nous émeut fortement lorsqu’il exprime le sentiment de risque avec lequel les deux soeurs vivent, de santé fragile alors qu’elles commencent à s’ouvrir au monde.

Ces romans nous ont été présentés par les bibliothécaires de la médiathèque La Pléiade de Beaugency dans le cadre du club Book Ados, pour découvrir la littérature jeunesse à partir de 13 ans (un vendredi soir par période, à la médiathèque).

Un salon virtuel : la 35e édition en dessins

Le 35e salon du livre jeunesse de Beaugency et Saint-Laurent-Nouan ne peut ouvrir au public… mais nous avons choisi de le visiter à travers des dessins inspirés des univers de nos invité-es, des jeux et animations du salon, des performances prévues…

Dessins de Chloé Gouzerh, qui avait croqué la 34e édition, à retrouver ici : croquis.

Une célébration du thème du salon, l’écologie, le jardin, bien sûr la lecture, et pour la joie, beaucoup de danse…

Pour la soirée inouïe 2020, nous attendions les improvisations du trio vocal Rurutu de la compagnie Extravague, et les improvisations dessinées de Jeanne Macaigne, voici leur travail revisité.

Passons aux invité-es… et commençons par l’invité d’honneur, Christian Voltz !

Une image inspirée d’une couverture d’un livre collectif, Contes de Baïka, aux éditions des éléphants, auquel a participé notre invitée Claire Lecoeuvre, autrice et journaliste scientifique.

A présent, Eric Singelin, artiste et ingénieur papier, créateur de pop-up… on voit ici Zou le Zoo écrit par Cécile Roumiguière, et on aperçoit Je suis l’arbre.

Une petite pause par les jeux du salon, et la fameuse pêche à la ligne des livres, dans un décor inspiré du thème de cette année.

à suivre

Une incursion dans un projet d’exposition par Andy Kraft, « Les livres au salon », qui a donné lieu à des ateliers au centre social de Beaugency le Lab’o des possibles, chez César et Firmin, et avec des bénévoles de Val de Lire. Avec la complicité des couvertures d’albums de nos invité-es…

Un aperçu de deux ateliers préparés par les bénévoles de Val de Lire pour la salle des jeux :

Une fresque de collages à partir de catalogues d’éditions jeunesse, sur le thème « cultivons, cheminons, cabanons », ici un exemple avec les éditions MeMo:

Un atelier pâte à modeler, inspiré du livre Du plus petit au plus grand de Bernadette Gervais (éditions Les Grandes personnes), où l’on choisit les animaux mis en danger par le réchauffement climatique et les activités humaines :

Françoise Rogier, le loup et les trois petits cochons…

Le salon d’essayage d’histoires de Livre Passerelle, avec les fous de bassan ! et les Mille univers :

Le camion à histoires Roulebarak ! et une mise en scène des personnages d’après Les Mots sont des oiseaux (Marie Sellier, Catherine Louis, éditions HongFei Cultures), On échange ! (Bernadette Gervais, Seuil Jeunesse), Bim Bam Boum (Anne Crahay, Elan Vert), La Fée, le fantôme et la petite fille aux grandes oreilles (Michel Maraone, Annie Bouthémy, Bilboquet).

Booktubes : Jeanne Benameur par les collégiens de Meung-sur-Loire.

Par et avec : la classe de 4e D du collège Gaston Couté de Meung-sur-Loire, avec Mme Bondeel, professeure de français, et Mme Amady, professeure documentaliste.

Les élèves ont participé au projet TOP’ADOS : ils ont lu six romans de Jeanne Benameur et ont réalisé et monté des booktubes, des vidéos pour partager leur avis et coups de coeur.

Retrouvez ci-dessous cinq booktubes qui auraient dû être présentés par les élèves lors du salon du livre.

Samira des Quatre-Routes

Présentation : Marine, Matthys, Tiago, Titouan.

Le Ramadan de la parole

Présentation : Alban – Hugo – Noah – Oscar

Valentine Remède

Présentation : Arnaud – Altin – Léo – Mathis – Silvino – Théo

Pourquoi pas moi
Ça t’apprendra à vivre

Coup de cœur pour Les mots sont des oiseaux par Audrey Gaillard

Les mots sont des oiseaux, Marie Sellier, Catherine Louis, éd. HongFei, 2020

Petit frère et Grand frère se dirigent vers la mer, ils traversent la forêt puis retrouvent Shu sur la plage.

C’est une immersion dans la nature que nous offrent l’autrice Marie Sellier et l’illustratrice Catherine Louis. Une nature vivante qui éveille tous les sens, une nature enveloppante et libératrice, à l’image d’une cabane qui serait à la fois refuge et ouverture sur le monde : « La forêt est une hutte, une cabane géante, une cathédrale de bois et de feuilles qui filtre la lumière et les bruits. »

Les illustrations en papier découpé, aux couleurs noires, grises et blanches apportent cette délicatesse, cette sensation de douceur, soulignées par un ou plusieurs détails en rouge. Les chaussures de Petit Frère, le chapeau de Shu, le bec de l’oiseau… ainsi mis en valeur en rouge révèlent l’intensité du moment présent et la joie certaine de Petit Frère.

Le monde qui l’entoure n’est que mouvement et courbe : les arbres, les buissons, les vagues, les oiseaux. Ils représentent l’infini, la continuité et accompagnent l’imaginaire de Petit Frère. Les images à fond perdu élargissent l’horizon. Le·la lecteur·rice est invité-e à avancer, à suivre les traces de pas dans le sable, à voler sur le dos de l’oiseau et ainsi à tourner la page avec engouement. L’écriture de Marie Sellier contribue à ce dynamisme, elle est comme le corps en mouvement : « Il fait l’étoile, il fait le soleil, il fait le croissant de lune ».

Nature et personnages interagissent. Petit Frère a les bras tendus comme les branches, il se tient en équilibre sur une main, les corps des trois personnages ondulent, s’enlacent et font écho au vent que l’on devine dans les buissons et à la mer remuante. Shu que l’on découvre sur la plage en même temps que Petit Frère et Grand Frère, ressemble à une danseuse. Face à elle, des ronds dans l’eau créés par les ricochets qu’elle fait. L’illustration semble s’animer. Les ombres (et par déduction la lumière) sont très présentes, mais aussi les empreintes, les traces du bâton dans le sable. Les nuances de gris et de noir soulignent ces marques éphémères avec intensité.

Chaque page détient une petite gravure disposée différemment sur la page. Le·la lecteur·rice comprend que ce détail se retrouve sur la page suivante, il lui permet d’anticiper et de savourer la surprise.

HongFei, 2020

Petit Frère, se sentant délaissé par Grand Frère et Shu, amoureux l’un de l’autre, commence à s’inventer des histoires, nourries par ce qu’il ressent et ce qui l’entoure. Les éléments deviennent poésie : « Vu d’en haut, la plage est une corne de gazelle, la forêt une armée de petits démons verts, et le toit de la maison, là-bas, un minuscule chapeau pointu ». Très subtilement, l’autrice fait entrer le·la lecteur-trice dans l’intériorité de Petit Frère. Il·elle partage ses rêves et ses sensations.

D’une immensité, d’une vue du ciel, l’illustratrice marque une rupture et donne à voir la simplicité, un détail. Trois plumes et le lecteur comprend que le personnage bascule dans le sommeil, les mots restent suspendus « Le ciel est si grand, si grand, et si blanc, si blanc, comme un lit infini… »

Texte et images dialoguent finement tout au long des pages. Ils rendent perceptibles le rapport au temps, la part imaginaire, le basculement dans le sommeil. Les émotions exprimées se font l’écho des expériences du lecteur ou de la lectrice.

Les deux dernières illustrations représentent les vagues comme un chemin à poursuivre, sereinement, intensément, seul ou à plusieurs, comme des lignes à remplir de mots. Notre propre histoire à inventer et à vivre…

Coup de coeur pour Sans foi ni loi, de Marion Brunet, par Sylvie Van-Praët

Lauréat du prix Pépites catégorie Fiction ados au salon du livre jeunesse de Montreuil.

Le far-west, les saloons, les chevaux et les shérifs, les poursuites et les duels. Il y a de tout cela dans le roman de Marion Brunet et bien plus. Dans l’Amérique des années 1920, la ségrégation et la haine contre les Indiens ou Métis divisent la société.

C’est Garett qui raconte ce long périple où il fut otage, puis complice et enfin ami de Abigaïl Stenson dite Ab.

Garett a seize ans quand Abigaïl Stenson l’enlève sur son cheval. Ab Stenson est habillée comme un homme et revendique cette liberté.

Face à face entre deux personnages que tout oppose : Garett est fils d’un pasteur rigoriste, Ab abandonnée à la fureur des hommes a choisi la violence même si elle « ne tue pas pour le plaisir. »

Ab se livre peu. Au fil des jours, pourtant, Garett n’est plus son prisonnier mais son compagnon de voyage. Il découvre la vie que son père lui interdisait à force de coups et de brimades. Il admire cette femme que rien ni personne n’arrête.

Il suit Ab jusqu’à sa ville d’attache où grandit sa fille aux côtés de son amie de toujours, Jenny.

De rencontres en étapes Garett se construit et découvre l’amour, l’amitié et surtout la liberté.

Chaque chapitre est un tableau plein de couleurs, d’odeurs ; les dialogues y sont ciselés. L’essentiel est dit ; les silences en pointillés laissent deviner des regards et des tensions.

Sans foi ni loi, Marion Brunet, éditions Pocket Jeunesse, 2019

Annulation du 35e salon du livre.

Le 35e salon du livre jeunesse de Beaugency et Saint-Laurent-Nouan est annulé. Il ne sera pas reporté en 2020.

Nous remercions toutes les personnes impliquées dans l’organisation de cet événement.

C’est avec une joie immense que nous déploierons notre énergie pour le 36e Salon du Livre.