Booktubes : Jeanne Benameur par les collégiens de Meung-sur-Loire.

Par et avec : la classe de 4e D du collège Gaston Couté de Meung-sur-Loire, avec Mme Bondel, professeure de français, et Mme Amady, professeure documentaliste.

Les élèves ont participé au projet TOP’ADOS : ils ont lu six romans de Jeanne Benameur et ont réalisé et monté des booktubes, des vidéos pour partager leur avis et coups de coeur.

Retrouvez ci-dessous cinq booktubes qui auraient dû être présentés par les élèves lors du salon du livre.

Samira des Quatre-Routes

Présentation : Marine, Matthys, Tiago, Titouan.

Le Ramadan de la parole

Présentation : Alban – Hugo – Noah – Oscar

Valentine Remède

Présentation : Arnaud – Altin – Léo – Mathis – Silvino – Théo

Pourquoi pas moi
Ça t’apprendra à vivre

Coup de coeur pour Les mots sont des oiseaux par Audrey Gaillard

Les mots sont des oiseaux, Marie Sellier, Catherine Louis, éd. HongFei, 2020

Petit frère et Grand frère se dirigent vers la mer, ils traversent la forêt puis retrouvent Shu sur la plage.

C’est une immersion dans la nature que nous offrent l’autrice Marie Sellier et l’illustratrice Catherine Louis. Une nature vivante qui éveille tous les sens, une nature enveloppante et libératrice, à l’image d’une cabane qui serait à la fois refuge et ouverture sur le monde : « La forêt est une hutte, une cabane géante, une cathédrale de bois et de feuilles qui filtre la lumière et les bruits. »

Les illustrations en papier découpé, aux couleurs noires, grises et blanches apportent cette délicatesse, cette sensation de douceur, soulignées par un ou plusieurs détails en rouge. Les chaussures de Petit Frère, le chapeau de Shu, le bec de l’oiseau… ainsi mis en valeur en rouge révèlent l’intensité du moment présent et la joie certaine de Petit Frère.

Le monde qui l’entoure n’est que mouvement et courbe : les arbres, les buissons, les vagues, les oiseaux. Ils représentent l’infini, la continuité et accompagnent l’imaginaire de Petit Frère. Les images à fond perdu élargissent l’horizon. Le·la lecteur·rice est invité-e à avancer, à suivre les traces de pas dans le sable, à voler sur le dos de l’oiseau et ainsi à tourner la page avec engouement.

Nature et personnages interagissent. Petit Frère, au corps très expressif, a les bras tendus comme les branches, il se tient en équilibre sur une main, les corps des trois personnages ondulent, s’enlacent et font écho au vent que l’on devine dans les buissons et à la mer remuante. Shu que l’on découvre sur la plage en même temps que Petit Frère et Grand Frère, ressemble à une danseuse. Face à elle, des ronds dans l’eau créés par les ricochets qu’elle fait. L’illustration semble s’animer. Les ombres (et par déduction la lumière) sont très présentes, mais aussi les empreintes, les traces du bâton dans le sable. Les nuances de gris et de noir soulignent ces marques éphémères avec intensité.

Chaque page détient une petite gravure disposée différemment sur la page. Le·la lecteur·rice comprend que ce détail se retrouve sur la page suivante, il lui permet d’anticiper et de savourer la surprise.

HongFei, 2020

Petit Frère, se sentant délaissé par Grand Frère et Shu, amoureux l’un de l’autre, commence à s’inventer des histoires, nourries par ce qu’il ressent et ce qui l’entoure. Les éléments deviennent poésie : « Vu d’en haut, la plage est une corne de gazelle, la forêt une armée de petits démons verts, et le toit de la maison, là-bas, un minuscule chapeau pointu ». Très subtilement, l’autrice fait entrer le·la lecteur-trice dans l’intériorité de Petit Frère. Il·elle partage ses rêves et ses sensations.

D’une immensité, d’une vue du ciel, l’illustratrice marque une rupture et donne à voir la simplicité, un détail. Trois plumes et le lecteur comprend que le personnage bascule dans le sommeil, les mots restent suspendus « Le ciel est si grand, si grand, et si blanc, si blanc, comme un lit infini… »

Texte et images dialoguent finement tout au long des pages. Ils rendent perceptibles le rapport au temps, la part imaginaire, le basculement dans le sommeil. Les émotions exprimées se font l’écho des expériences du lecteur ou de la lectrice.

Les deux dernières illustrations représentent les vagues comme un chemin à poursuivre, sereinement, intensément, seul ou à plusieurs, comme des lignes à remplir de mots. Notre propre histoire à inventer et à vivre…

Coup de coeur pour Sans foi ni loi, de Marion Brunet, par Sylvie Van-Praët

Lauréat du prix Pépites catégorie Fiction ados au salon du livre jeunesse de Montreuil.

Le far-west, les saloons, les chevaux et les shérifs, les poursuites et les duels. Il y a de tout cela dans le roman de Marion Brunet et bien plus. Dans l’Amérique des années 1920, la ségrégation et la haine contre les Indiens ou Métis divisent la société.

C’est Garett qui raconte ce long périple où il fut otage, puis complice et enfin ami de Abigaïl Stenson dite Ab.

Garett a seize ans quand Abigaïl Stenson l’enlève sur son cheval. Ab Stenson est habillée comme un homme et revendique cette liberté.

Face à face entre deux personnages que tout oppose : Garett est fils d’un pasteur rigoriste, Ab abandonnée à la fureur des hommes a choisi la violence même si elle « ne tue pas pour le plaisir. »

Ab se livre peu. Au fil des jours, pourtant, Garett n’est plus son prisonnier mais son compagnon de voyage. Il découvre la vie que son père lui interdisait à force de coups et de brimades. Il admire cette femme que rien ni personne n’arrête.

Il suit Ab jusqu’à sa ville d’attache où grandit sa fille aux côtés de son amie de toujours, Jenny.

De rencontres en étapes Garett se construit et découvre l’amour, l’amitié et surtout la liberté.

Chaque chapitre est un tableau plein de couleurs, d’odeurs ; les dialogues y sont ciselés. L’essentiel est dit ; les silences en pointillés laissent deviner des regards et des tensions.

Sans foi ni loi, Marion Brunet, éditions Pocket Jeunesse, 2019

Coup de coeur pour les albums d’Adrien Parlange par Anouk Gouzerh

 » Adrien Parlange à Moulins « , article paru sur le site du CRILJ (Centre de recherche et d’information sur la littérature pour la jeunesse) dans la catégorie  » Textes amis « .

Anouk Gouzerh, pour Val de Lire, a pu bénéficier d’une bourse du CRILJ pour assister aux journées professionnelles de la 5e biennale des illustrateurs de Moulins qui a eu lieu en septembre 2019. Une dizaine d’auteurs-illustrateurs sont invités à exposer dans divers lieux de la ville, et à échanger avec les visiteurs au milieu de leurs oeuvres.

Trouver sa place et transformer le livre, le personnage et le lecteur

Adrien Parlange est un jeune créateur d’albums et d’illustrations pour la presse, d’abord graphiste puis formé aux Arts décoratifs de Strasbourg et au Royal College of art de Londres.

    Dans le cadre des journées professionnelles de la Biennale de Moulins, les artistes invité-es sont intervenu-es en table ronde, à l’exception de Nikolaus Heidelbach. La logique de ces entretiens croisés ne reposait pas nécessairement sur les points communs qui pouvaient réunir les univers de ces artistes. Le dispositif a  été très riche dans le cas d’Adrien Parlange, accompagné pour l’entretien de la graphiste Fanette Mellier. Cette dernière apparaissait un peu à part dans la liste des illustrateurs-trices, même si elle a publié pour les plus jeunes chez MeMo et les éditions du Livre, en tant que graphiste spécialiste de la typographie, ou encore créatrice pour des institutions d’art contemporain.

    Les échanges sur l’objet-livre, sa matérialité, et la place du « regardeur » ont été nourris par les spécificités de ces deux créateurs de texte, d’images, voire d’installations pour Fanette Mellier. Par ailleurs, le dernier album d’Adrien Parlange venait à peine de sortir au moment de la Biennale, éclairant le reste de ses productions de manière stimulante.

    Les livres d’Adrien Parlange nous rappellent qu’un album jeunesse n’est pas réductible à l’impression d’un texte accompagné d’illustrations. L’album affirme chez lui une capacité à être un objet d’expérimentations des formes et du rapport à celui qui le lit et le regarde. Le jeu avec entre texte et image, avec la forme du livre, son champ et son hors-champ, conduit à une participation multiple de la part du lecteur.

    Dès son premier album, Parade, un imagier, les lettres des mots et l’image s’influencent mutuellement au gré de transformations (le mot « table » qui perd des lettres lorsque la table dessinée perd des pieds…).

    Dans certains albums, un objet s’ajoute au livre : le plus connu, Le Ruban, comporte un signet jaune accroché en bas du livre, comme un trait que le lecteur dessinerait lui-même pour compléter les scènes de cet imagier (la langue d’un serpent, le fil d’un funambule…). Dans L’enfant-chasseur et La jeune fille et la mer, une feuille d’acétate reproduit le profil de l’enfant, et l’aplat transparent de couleur, posé sur l’image, révèle un animal ou un objet, faisant avancer l’histoire et les rencontres initiatiques.

    D’apparence plus classique, La Chambre du lion, et son dernier album, Le Grand serpent, sont liés par la technique de la linogravure. Tous deux défient la lecture linéaire. Le premier représente un même décor, la fameuse chambre, et introduit une multitude de personnages, ainsi que des micro-actions non décrites par le texte, le regard du lecteur se déplaçant de manière autonome dans la page.

    Le grand serpent attire immédiatement le regard, avec en couverture ce motif ondulant et blanc du corps reptilien. Le livre exposé à la galerie des Bourbons se déroule comme un grand leporello, les pages liées par ce corps-ligne. Tout commence dans la chambre d’un petit garçon, qui soulève son oreiller et y découvre la queue de l’animal. Il suit cette ligne conductrice, à travers des paysages d’abord urbains puis de plus en plus sauvages et nocturnes, comme dans un rêve, jusqu’à la grotte du serpent. Le lecteur tourne les pages, dans un mouvement en avant, entraîné à la suite du personnage, jusqu’à une rupture lors du face-à-face final. Cette rupture est typographique. Le serpent, la tête bloquée dans sa grotte, ne voit rien du monde, qui pourtant le touche et qu’il sent physiquement. Jusque là, son corps a été au centre des pages, un long trait épais et blanc, comme un espace vide à remplir symboliquement. Le garçon lui décrit sa place dans les scènes qu’il vient de traverser, en une double-page calligraphique, où seul le texte est présent, mais en une ondulation mimant le corps du serpent, qui n’est plus une ligne vide. Le garçon lui raconte sa place au milieu des humains, des animaux et de la nature, remarquable et pourtant non « perturbatrice » pour les personnages et les éléments. Au contraire, l’animal se découvre comme figure protectrice (qui « réunit », « abrite », « recueille » nous dit le texte…). Le lecteur se retrouve à la place du serpent, et la description de l’enfant le pousse à retourner en arrière et à s’arrêter sur chaque page, en raccordant le texte et l’image : on n’avait pas remarqué ce petit œuf posé sur la queue du serpent, tombé du nid, ou cette souris cachée des chouettes. Des histoires particulières se tissent rétrospectivement, mises en mots.  Dernière énigme typographique, les double-pages de couverture tracées d’un motif de croix. Ce signe très simple et plutôt froid trouve un très beau sens (figuratif et sensuel) à la fin de l’album : c’est en effet le geste que fera le petit garçon sur la peau du serpent, une fois reparti dans le monde, comme signe de reconnaissance entre eux. Le livre commence par un pincement et un cri, et finit par un poème et une caresse.

Linogravures pour Le Grand Serpent

Au-delà de la page, c’est le tout le hors-champ qui est pris en compte par Adrien Parlange, et offert au lecteur, exploré par son geste ou par son imagination. Dans Le Grand serpent, c’est en partie le sujet du récit, avec ce corps qui n’en finit pas, et le regard aveugle du serpent complété par le texte et le geste du lecteur qui retourne en arrière. Dans La Chambre du lion, la page de gauche où se trouve le texte suggère également la place du lion par la description de bruits de pas inquiétants qui se rapprochent, tandis que l’image à droite montre les personnages et animaux se cachant. L’apparition du lion sur cette page de gauche en devient un événement, mais contrebalancé par le fait qu’il se révèle aussi craintif que les autres personnages, chacun se cachant des autres, aveugle comme le serpent du dernier album, et imaginant ce qu’il se passe hors de sa cachette.

    Cette admiration pour les formes du livre va de pair avec la force des récits proposés, même dans l’imagier Le Ruban, qui crée une montée en puissance jusqu’à l’évocation du voyage. Ces albums nous entraînent dans des récits initiatiques, où les personnages cherchent leur place, que ce soit à travers le motif de la chambre ou celui plus large de paysages traversés dans Le grand serpent, avec cette simple ligne qui interagit avec les scènes représentées.

    Ces récits ne sont rendus que plus forts et mystérieux par les expérimentations de la forme, aussi surprenantes.

    On en revient au regard croisé avec Fanette Mellier, qui affirme la capacité du livre à être un espace de transformation. Transformation, chez Adrien Parlange, graphique, plastique, et initiatique.

Bibliographie des livres mentionnés : 

. Chez Albin Michel jeunesse :

. Le Grand serpent, 2019

. La Jeune fille et la mer, 2017

. Le Ruban, 2016

. L’Enfant chasseur, 2015

.  La Chambre du lion, 2014

Chez Thierry Magnier :

. Parade, 2009, collection Tête de lard

Et si on jouait… avec les livres ?

Le mercredi 16 octobre et le samedi 19 octobre, Val de Lire a proposé un atelier intitulé « Jouer avec les livres » ouvert à tous, animé par Andy Kraft, membre de Val de Lire, plasticien et éducateur. Ces ateliers ont réuni des bénévoles de Val de Lire, des animatrices, des bibliothécaires, des enseignantes… Chacun-e est reparti-e avec des idées qu’il ou elle avait hâte de mettre en oeuvre.

En début d’atelier, chacun-e a défini le mot « jouer »: ne pas travailler, s’amuser, respecter des règles, manipuler, partager, découvrir…

Les participant-es ne sont pas resté-es assis-es longtemps, Andy les ayant invité-es à se lever et à former deux équipes en files indiennes. Ce premier jeu est un jeu de course. On impose un élément (textuel ou visuel) à trouver dans une sélection de livres placés à quelques mètres de la première personne de chaque équipe. L’objectif est atteint, chacun-e s’amuse mais a aussi l’envie d’ouvrir le livre pour le lire en entier.

Le deuxième jeu est un jeu de cibles. Des albums sont étalés au sol. Le joueur choisit à l’avance un élément à trouver. Il lance une chaussette en visant le livre où il espère trouver cet élément.

Le groupe a ensuite formé un cercle. On choisit un album, qui est passé de main en main, et chacun-e lui invente une autre fonction :  » ce n’est pas un livre, c’est… un chapeau, une maison, un ordinateur portable… ». On a fait plusieurs tours, ce qui a montré l’inventivité de chacun-e.

On passe ensuite au « domino des livres ». A partir d’un premier album posé au sol, sur le principe du jeu de dominos, les participant-es posent d’autres albums en fonction d’un lien entre les couvertures. Il faut expliciter le lien, ou jouer à le retrouver a posteriori : ça peut être le titre, la couleur, la forme, les illustrations, la maison d’édition… Le but d’utiliser tous les livres. Certaines combinaisons ont été difficiles à justifier, tant la logique des un-es et des autres peut varier.

Le dernier jeu présenté est un jeu d’écriture. On crée une phrase à partir des titres des albums proposés. On peut rajouter des mots de liaison et de la ponctuation. On complète ensuite cette phrase en inventant un début et un fin. 

Quelques exemples tirés de ce jeu :

«  Le chuintement du gramophone brise le silence du salon.

Viens danser dans le livre, le livre de la nuit… Va, mon Achille !

Les étoiles nous accompagnent. 1,2,3… c’est la valse nocturne. »

« Avant de m’endormir, Maman me disait :

En route mon tout petit, dans le ciel il y a de tout petits oiseaux et des doux rêveurs

Et je m’envolais au pays des songes. Je n’ai jamais su la fin de l’histoire. »

Les participant-es étaient ravi-es d’avoir expérimenté ces différents jeux, avec la possibilité de l’adapter à leur(s) public(s).

Deux autres cycles d’ateliers sont proposés, ouverts à tous et toutes :

« Fabriquer des livres », le mercredi 22 janvier et le samedi 25 janvier 2020;

Lien pour s’inscrire à l’atelier ( lien obligatoire pour s’inscrire )

 » Interpréter « , le mercredi 3 juin et le samedi 6 juin 2020.

Zoom sur deux albums de Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas par Marie-Claire Degrave

LA LIGNE, un trait tracé par un petit garçon traverse horizontalement la double page. À la sobriété du dessin (une cour, un banc un arbre, un jeu) s’oppose à la page suivante une vue plongeante sur l’immeuble avec une ombre portée noire menaçante.

Que s’est-il passé ?

Les auteurs l’expliquent avec d’abord une phrase en gros caractères, un peu abstraite, qui emplit la page blanchâtre, illustrée ensuite par un dessin évocateur.

Deux enfants sont dans une cour : le garçon paisible aime lire dans le calme, la fille active et virevoltante préfère jouer au cerf-volant. Deux désirs opposés, deux mondes.

Alors la ligne est tracée. Avec elle, l’intolérance et la haine. Chacun chez soi, chacun pour soi avec cris et menaces. Le noir monstrueux emplit la page jusqu’à acculer la fillette dans le coin poubelle.
Reste l’espoir que les enfants se ressaisissent… et se réconcilient. 


Dans la cour de l’école, ON L’A À PEINE REMARQUÉ le trait qui coupait la marelle en deux. Les enfants-oiseaux ne sont pas inquiétés non plus quand des briques se sont entassées sur la ligne. On pouvait jouer encore, on s’en accommodait. Mais le mur a continué de monter jusqu’à rendre impossible toute communication de part et d’autre.

Chacun chez soi.

Et puis de petits traits verticaux sont apparus tracés à hauteur d’enfants. Des lézardes. Le mur s’écroule, la cour reprend son espace habituel.

J’aime ce deuxième album aux teintes douces, rosées, plus optimiste. Il invite à rester vigilant, à ne pas accepter la plus petite atteinte à la liberté et, si malgré tout, on a laissé un mur s’élever, à le faire tomber.

Ces deux albums offrent une prise de conscience intéressante à travers un dessin sobre et des mots percutants.
A lire de 7 à 107 ans…

Aux éditions Frimousse :

La ligne, parution

On l’a à peine remarqué, parution Mai 2019