Coup de coeur pour L’arrivée des Capybaras

Coup de coeur de Sylvie Van-Praët pour L’Arrivée des Capybaras d’Alfredo Soderguit, Didier Jeunesse, 2020.

Si vous n’aviez jamais entendu parler des capybaras voilà l’occasion de faire plus ample connaissance. Alfredo Soderguit vit à Montevideo en Uruguay. Il est scénariste, cinéaste mais il a aussi publié « Je suis un animal » chez le même éditeur.

Ces capybaras « poilus, mouillés et trop gros » arrivent dans une ferme où personne ne les attend et surtout pas les poules. Elles pensent vivre une vie paisible où il n’y a « jamais rien à signaler »- même si l’illustration où l’on voit une poule suspendue par les pattes emportée par le fermier contredit ce propos. Ils vont y être reçus comme des intrus et soumis à des règles strictes par ces dernières. Ils fuyaient les chasseurs et les voilà piégés dans une mare.

C’est par la rencontre, sur une double page, entre un petit capybara et un poussin que tout va basculer. Le jeune capybara dont l’horizon est fermé par les joncs fait face à un petit poussin dont l’horizon est fermé par un grillage. Cette amitié et le sauvetage du poussin, que le chien voulait dévorer, va modifier la relation des poules avec les capybaras. S’ils partent ensemble de la ferme, c’est que chasseurs et fermiers ne font qu’un : ce que le lecteur découvre vers la fin de l’album.

Tout l’album est illustré en noir et blanc, parfois sépia et s’y ajoute une touche de rouge sur le toit de la ferme, la crête des poules et les casquettes des chasseurs.

L’album ne se clot pas totalement puisque la dernière illustration met face à face les poules montées sur les capybaras et un troupeau de moutons à la mine renfrognée. Dans le ciel de cette dernière image apparait un vol d’oiseaux migrateurs. Car c’est bien sûr de cela qu’il s’agit : de la migration et de l’accueil de l’autre.

Coup de coeur pour Odette fait des claquettes

Coup de coeur de Sylvie Van-Praët pour Odette fait des claquettes, de Davide Cali et Clothilde Delacroix, éditions Sarbacane, 2020.

Ne serait-ce que pour le plaisir de retrouver les illustrations de Clothilde Delacroix, il ne faut surtout pas se priver de cet album qui est un vrai moment de plaisir où le propos de la différence est tenu avec humour autant par l’auteur que l’illustratrice.

Odette ne sait pas très bien à quoi s’en tenir : trop maigre pour ses parents, trop grosse pour ses camarades d’école, trop ceci, trop cela… Mais elle Odette, « Qui peut savoir ce qu’elle a dans la tête ? » Odette aime manger, danser en costume d’abeille devant son miroir et surtout lire les romans de Léo David pour y retrouver son héroïne préférée Sauterelle qui ne mange que des tomates et des pousses de soja.

Quand on est rondelette la tentation est grande de devenir comme les autres ne serait-ce que pour en être accepté. Alors Odette décide d’arrêter de manger. Mais une telle décision ne peut tenir longtemps face à une maman qui l’emmène au « Paradis des bonbons ». Quand l’arrivée de Léo David est annoncée dans sa classe, Odette ne se tient plus de joie. La surprise devient révélation quand Odette découvre que Léo David est une femme – « En fait elle s’appelle Léonie »-, »elle est énorme », elle adore les spaghettis bologneses et les gâteaux et surtout :  » Tout le monde l’écoute quand même, hypnotisé ».

L’illustration de Clothilde Delacroix se reconnaît tout de suite : un trait vif , une bichromie très maîtrisée, comme dans « Son chat-chat à sa Chouchoute » ou  » Son chien-chien à sa mémère » d’Agnès de Lestrade.

Le personnage d’Odette, très touchant, à la « Little miss sunshine « , est présenté le plus souvent sans décor, sur fond blanc. Les illustrations, réparties sur les pages d’une façon proche de la BD, donnent de la vivacité au récit et l’humour de Clothilde Delacroix s’y déploie.

Coup de coeur pour Cigale par Cyril Varquet

Cigale, Shaun Tan, Gallimard jeunesse

La découverte de l’album Cigale de Shaun Tan dans la librairie de Beaugency m’a donné envie d’écrire un coup de cœur, de par la singularité de celui-ci.

Que raconte cette histoire ? La carrière d’un employé dans une entreprise, tout simplement. Rares sont les albums portant un avis sur l’univers du travail, sur son utilité, les rapports avec les collègues, la hiérarchie… Mais également la différence, car le protagoniste est une cigale. Une cigale dans un monde humain déshumanisé et qui se dirigera vers un monde animal accueillant. Une cigale violentée mais une cigale, vers la fin, libérée. Libérée grâce à un voyage avec ses semblables, dans un environnement plus chaleureux. La fin n’est pas forcément une tragédie.

Les techniques artistiques mises en œuvre sont ingénieuses et efficaces. Texte concis et intelligemment écrit. Pas de verbe conjugué pour souligner l’absence de lien entre les travailleurs et la cruauté de la situation. Des illustrations sombres, remplies de métaphores (tel que le brouillard pour symboliser l’inconnu). Un récit rythmé par un mélange texte/image puis un passage sans texte, très intéressant!

A lire sans fin, dès le CM1… jusqu’en Terminale (et plus) pour l’aspect philosophique.
Une histoire qui nous questionne, aussi bien sur la violence actuelle et qui nous invite à un éventuel retour à la nature.

Caché ! de Corinne Dreyfuss par Josiane Martin

Caché, de Corinne Dreyfuss, éditions Thierry Magnier

Lors de la formation « Pourquoi perdre son temps à lire des histoires ? » animée par Livre Passerelle et les fous de bassan en décembre, j’ai découvert un album sans illustration : Caché ! Je me suis beaucoup questionnée sur la façon de le lire à un petit, de l’interpréter. Ce livre ne convient pas à une lecture face à un groupe, seulement à une lecture à deux, côte à côte.

Livre-jeu cartonné, il se présente en trois chapitres : Dedans, Dehors, Toc-toc-toc. Les pages sont numérotées et présentées comme un roman, avec en haut de page le rappel du titre à gauche et du chapitre à droite.

Bon, il faut « sauter la préface » écrite par un pédopsychiatre et se laisser guider par les mots, la ponctuation, la taille des écrits, la disposition des groupes de mots sur la page, les onomatopées, « les bruits ambiants » ou les silences pour arriver… à la surprise finale.

Reprise du jeu de Caché ! Coucou ! bien connu des petits (et des grands !) qui permet au tout-petit de s’approprier la notion de séparation et de retrouvailles.

Cet album, sans illustration, n’autorise pas une lecture improvisée. Le lecteur ou la lectrice doit réfléchir à la façon dont il va présenter ce livre à l’enfant qui se demandera « mais il est où le personnage de l’histoire ? » avant de le découvrir et d’avoir envie de refaire une partie de cache-cache, peut-être en jouant-mimant l’histoire ?

Deux coups de coeur par Sylvie Van Praët

Une lectrice partage deux coups de coeur, pour des albums découverts lors de la formation des 10 et 11 décembre 2020, sur les enjeux et la pratique de la lecture à voix haute, animée par Livre Passerelle et la compagnie les fous de bassan!.

C’est écrit là-haut, Claudine Desmarteau, Seuil jeunesse, 2000

C'est écrit là-haut par Desmarteau

L’album joue sur les couleurs primaires : rouge, jaune, bleu, en pleine page.

L’illustration y est autant texte que le texte lui-même. Un texte-illustration un peu différent, certes, parfois en pictogrammes très simples à décrypter, ou mêlant texte et dessin. Un dessin au trait noir, noir comme la vie de Jacques, « C’est le prénom que mon père et ma mère ont choisi pour moi », dont les ascendants sont peu enviables – père qui aime un peu trop la bière, grand-père qui aimait un peu trop le vin et arrière grand-père qui adorait le whisky – .

Mais sa mère a sur ces destins un regard bien indulgent et intrigant pour Jacques qui craint sans doute pour son propre avenir. Elle y répond toujours par cette remarque « C’est comme ça, c’est écrit là-haut ».

Alors si tout est écrit là-haut, marcher sur les crottes de chien, acheter des bonbons, se voir refuser l’argent pour les acheter, casser les lunettes d’Antoine étaient aussi écrit là-haut.

Mais apparemment la machine s’enraye, car si c’était écrit là-haut, pourquoi les gendarmes le giflent -ils pour des lunettes qui devaient finir cassées, pourquoi sa mère puis son père font de même. Jacques se dit que vraiment « le destin c’est nul »!

Par un dessin qui simule le dessin d’enfant Claire Desmarteau nous emmène dans un grave débat sur le destin et le déterminisme, gravité contrebalancée par l’humour des dessins.

Mais l’album se termine sur un trait optimiste : « […] c’est pas écrit que j’aimerai la bière » et en illustration une marelle où les pictogrammes de la bouteille d’alcool, de la crotte de chien et de la claque sont barrés.

Un album à lire, regarder et discuter.

Le Canard, la mort et la tulipe, Wolf Erlbruch, La Joie de lire, 2007

Le canard, la mort et la tulipe | La Joie de lire

Le canard, cou dressé, sent derrière lui, depuis quelques temps, une présence. Il s’aperçoit que c’est la Mort dans sa robe à carreaux et ses pantoufles de vieille dame. Dans son dos elle tient une tulipe noire. Or la tulipe noire est le plus souvent symbole d’un amour passionné qui peut mener à la mort. Chacun sur une page, ils se font face.

Le canard s’en inquiète et demande si l’heure de sa fin est venue. Mais la Mort le rassure en lui disant qu’elle ne vient qu’après un accident ou une maladie. D’ailleurs elle a l’air bien inoffensive la Mort, avec sa tenue de ménagère.

Puis le canard et la Mort se partagent la même page allant d’un côté puis de l’autre tout en discutant : des anges, de l’enfer, tous sujets dont la Mort ne semble pas savoir grand chose.

Alors le canard s’habitue à cette présence et propose à la Mort un bain dans l’étang. La Mort y prend froid et le canard la réchauffe, allongé sur elle.

Leur débat se poursuit en haut d’un arbre car décidément la Mort n’aime pas l’eau.

De là-haut, tous deux observent l’étang. Sera-t-il encore là, seul, après la mort du canard ? Ou tout simplement n’existera-t-il plus puisque le canard n’y sera plus comme le suggère la mort ?

Quand le canard est pris d’un frisson c’est sa fin qui s’annonce. C’est la première fois que le canard et la Mort se font face mains dans les mains.

La Mort le dépose sur le fleuve et le regarde partir après avoir déposé sur son plumage la tulipe noire qui avait disparu pendant leurs conversations. « Lorsqu’elle le perdit de vue, la mort fut presque chagrinée. Ainsi va la vie… »

Les deux personnages, dont les expressions se limitent aux regards pour le canard et aux mouvements du corps pour la Mort , se dressent sur des fonds de page blanche. Seuls des morceaux d’arbustes en bas ou en bord de page les resituent dans la réalité du canard.

Tout l’album est en tons pastels, très doux et l’humour de Wolf Erlbruch s’exprime dans les postures du canard, bien droit, clignant des yeux ou tournant la tête quand la mort impassible s’allonge, s’assoit, se promène mains dans le dos…

La toute dernière page, sans texte, montre la Mort entourée d’un lièvre et d’un renard qui lui tournent autour en gambadant. Vient-elle les chercher ?

Un album au sujet « sérieux » mais que l’humour, par la naïveté du canard et le personnage décalé de la Mort, rend lisible par tous.

A propos de la lecture de C’est écrit là-haut

Lors d’une lecture à voix haute cet album donne envie de partager la colère de Jacques, le jeune narrateur, ou d’appuyer le comique de répétition. Cependant il est vrai qu’une retenue et une neutralité servent mieux l’album. Retenir l’interprétation, notre interprétation de lecteur est souvent difficile. Pourtant si le texte permet parfois une « théâtralisation », l’illustration elle ne le permet pas et dans un album – celui-ci en particulier- ce qui se joue entre le texte et l’illustration c’est le sens, celui que le lecteur perçoit ou celui que l’auditeur reçoit. Or les deux, parfois, ne se rencontrent pas.

Imprimer un sens à l’album en jouant le texte, en accentuant ce que le lecteur ressent comme signification, c’est le risque de fermer d’autres lectures de l’album.

A propos de la lecture de Le Canard, la mort et la tulipe

Pour cet album le problème de l’interprétation du texte est peut-être inverse.

Tout d’abord l’illustration, même si elle très puissante, se lit beaucoup plus vite. Elle est précise et sans détail. L’auditeur n’a pas à s’y attarder pour l’appréhender dans son entier. De plus elle est énigmatique.

A partir de ce moment le lecteur va avoir un rôle plus complexe dans l’interprétation des deux voix qui s’affrontent : le canard et la mort. Le premier est naïf et la seconde presque détachée et lire cet album en gardant le même registre pour les deux personnages complique la compréhension sans compter les interventions du narrateur. La neutralité du ton risque ici de perdre l’auditeur.

Coup de cœur de Nicole Verdun : Je n’ai jamais dit…

Je n’ai jamais dit, de Didier Jean et Zad, ill. Régis Lejonc, éditions Utopique, 17€

Le dessin de couverture de Régis Lejonc représente une fillette, le doigt sur la bouche, le regard interpelant le lecteur. Même chose sur la dernière de couverture avec un portrait d’adolescent : on pourrait y voir une incitation à se taire.

Sur la double page de garde, une carte muette du monde où chaque pays se voit attribuer une couleur différente. Sur la page suivante, un petit groupe, peut-être une famille, dont chaque membre a le doigt sur la bouche.

Chaque double page est structurée de la même façon : d’un côté, la phrase qui commence par « je n’ai jamais dit à personne », puis suit la révélation qui peut être d’ordre social , familial, professionnel… En bas, le prénom, l’âge, et le pays d’origine de la personne « qui dit ». Sur la page d’en face, l’illustration de Régis Lejonc donne des clés au lecteur pour qu’il puisse imaginer l’histoire qui n’est pas écrite … Travail remarquable où l’image met le sujet en situation, ce qui apporte une foule de renseignements sur la personne.

« Ceux qui disent pour la première fois » peuvent être des enfants, des adultes de différents âges et de toutes nationalités : la plus jeune Madelyn, est une Canadienne de 6 ans qui avait bouché la serrure de l’école avec une allumette, le plus âgé Mademba, un Rwandais de 87 ans qui aurait aimé changer le monde pour qu’on y vive en paix… . Ces histoires s’adressent à tous, petits et grands, chaque lecteur interprétera la révélation selon ses connaissances et ses propres références . Par exemple :  » Je n’ai jamais dit à personne que pendant la guerre, j’ai sauvé la vie d’un soldat ennemi. » (Safiha . 37 ans. Kurde d’Irak). Ou encore :  » Je n’ai jamais dit à personne que j’ai le vertige. » (Oksana 25 ans. Ukrainienne) L’illustration montre une acrobate qui évolue le long d’une corde.

Mais alors pourquoi les actes, les sentiments, les peurs, les rêves sont-ils restés si longtemps cachés, pour certains ? La timidité, la crainte des représailles, la lâcheté, la honte, la bienséance auraient-elles empêché la parole ?

La dernière double page reprend la carte du monde, mais cette fois en indiquant le prénom de la personne dans le pays qui lui correspond.

L’album ne dit pas si ce sont les « vraies confidences » de vingt personnes à travers le globe, ou si elles sont imaginées par les auteurs …

Un grand et bel album où, pour chacune des personnes, quelques mots brillamment illustrés donnent matière à la création d’une histoire singulière dans l’imaginaire du lecteur. Et vous, qu’est-ce que vous n’avez jamais dit à personne ?

Les livres du Prix Jacques Asklund 2021

Cinq romans sélectionnés

Les romans du Prix Jacques Asklund sont sélectionnés par des membres des bibliothèques du réseau de lecture publique de la CCTVL et de Val de Lire. Ils sont adressés aux enfants de CM2-6e-5e du territoire, qui désignent un-e lauréat-e à qui le prix est remis lors du salon du livre jeunesse.

Dans la semaine du 21 au 25 septembre 2020, les lectrices de Val de Lire et les bibliothécaires se rendent dans les classes inscrites pour proposer des lectures d’extraits des 5 romans sélectionnés. Ensuite, les élèves auront jusqu’au 10 mars 2021 pour les lire et choisir leur livre préféré.

Renseignements pour participer au Prix auprès de la médiathèque La Pléiade.

Critiques de Marie-Claire Degrave, Sylvie Van Praët et Nicole Verdun.

Jubeï : la voie de l’eau. Le forgeur d’âme. Sylvain Rumello, éditions à contresens

Auprès du maître Funaki, « le forgeur d’âmes », trois jeunes gens, une fille et deux garçons, vont apprendre la solidarité et la persévérance. Ils vont aussi apprendre à se connaître eux-mêmes et trouver la force mentale autant que physique d’atteindre le but qu’ils se sont fixé. Emiko , la jeune princesse, veut reconquérir le trône de son père qui a été empoisonné.

Buichi, fils d’un héros, veut devenir un valeureux guerrier comme son père.

Quant à Jubeï, fils d’artistes, il n’a qu’un talent « celui de s’attirer les pires ennuis » car il ne supporte pas l’injustice. Ses parents veulent le protéger et qu’il apprenne à se défendre.

Au cours du récit chacun devra découvrir l’élément qui lui ressemble : pour Emiko ce sera le vent, pour Buichi le feu et pour Jubeï l’eau.

Le grand maître Funaki leur impose une autre discipline : celle de la connaissance. Il leur faudra affronter les guerriers du seigneur Mikoto « qui fait trembler les peuples ».

Ce roman est une haletante initiation où chacun peut se reconnaître dans l’une ou l’autre des élèves du maître Funaki.

Ethan et Orion. Sylvie Allouche, éditions Syros.

Ethan, jeune orphelin, s’est enfui de l’orphelinat où il est maltraité. Dans sa fuite, il rencontre le magnifique cheval blanc Orion dont il comprend le langage.

Celui-ci lui raconte son histoire. Orion est lui-même en fuite car il est condamné pour avoir fait chuter un seigneur. Arrivés à une ferme ils vont retrouver Perle noire, la soeur de Orion, et Ethan fera la connaissance de Zéli et de son père Augustin. Tous devront défendre Orion des chasseurs qui le poursuivent encore.

De surprises en rebondissements « Ethan et Orion » nous emmène dans un univers poétique et fantastique.

La Dernière sorcière. Johan Héliot, Fleurus

Le roman s’ouvre sur le fracas des cavaliers du Lord de la nuit qui, à la lueur de la lune, viennent enlever Elmira, la mère d’Anya . La jeune fille doit fuir sous l’apparence d’un garçon.

Pour échapper à ses poursuivants elle se jette dans la rivière. Sauvée de la noyade par Errol, avec qui elle va sympathiser, elle trouve refuge et aide auprès de comédiens ambulants, Errol son sauveur, Jabot, le corbeau qui parle, Orsen le père d’Errol, et puis Isembard : un nain, fin cuisinier.

Est-ce bien prudent d’accepter l’offre du prince des ténèbres sollicitant une représentation dans sa demeure ? Mais n’est-ce pas là le moyen de gagner un peu d’argent pour remonter les finances de la troupe et approcher la mère d’Anya ? Tenter de la soustraire à une mort certaine ? Elmira est-elle vraiment la dernière sorcière ? Et qui est ce père dont Anya ignore tout ?

La tension dramatique tient le lecteur en haleine dès le début et tout le long du récit. Le lecteur entre peu à peu dans un univers fantastique où Anya se révèle, se confrontant à un monde de ténèbres et de domination funeste…

Peur dans la neige. Sandrine Beau, Mijade

Peur dans la neige est un roman policier.

Deux enfants, Fleur et son frère Julius, de faux jumeaux, passent leurs vacances chez leur grand mère surnommée Mamilia. Bien qu’elle soit en fauteuil roulant, Mamilia fait preuve d’un dynamisme hors du commun et parle comme dans les films de Michel Audiard.

Une nuit, tout va basculer à cause d’une petite lumière que Fleur aperçoit à la lisière de la forêt et d’une envie irrésistible d’aller aux toilettes.

Si Julius est très raisonnable, Fleur est beaucoup plus aventureuse. Elle ne peut résister à l’envie d’aller voir ce qui se passe à l’orée du bois. La maison est loin de tout. Pas question de trouver de l’aide chez les voisins. Cette lumière n’est pas un feu follet et quelqu’un la porte forcément. Fleur n’est-elle pas un peu trop curieuse ?

L’essentiel du roman va se dérouler en une nuit, terrifiante, pleine de rebondissements où les trois héros vont devoir faire preuve d’ingéniosité pour s’en sortir. S’ils s’en sortent … On ne peut en dire davantage sans gâcher le plaisir, plaisir du frisson, du suspens et même de la peur.

Mon cher correspondant. Maryvonne Rupert, Fleurus

Clara et Elio correspondent par e-mails. Rien d’étonnant à cela si ce n’est que la fillette vit en France et le garçon au Liban. A priori tout les oppose : sexe, pays, culture, milieu. Mais cet échange organisé entre leurs deux établissements scolaires va leur donner l’occasion de se connaître, de devenir amis ( et plus si affinités…) et d’ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure.


Clara aide Nour, la jeune Syrienne arrivée dans sa classe, à s’intégrer. Elio s’interroge sur le sort de sa « bonne », Amilia, une Philippine que jusqu’alors il ne voyait même pas. Bientôt ils auront un projet commun : retrouver la maman de Nour, réfugiée dans un camp près de Beyrouth.


Les chapitres alternent entre leurs e-mails mais aussi les lettres que Clara envoie à sa grand-mère et les extraits de son journal intime. Les informations sont ainsi livrées petit à petit, ce qui facilite la lecture car de nombreux thèmes sont abordés : la migration, la pauvreté en France, la vieillesse…
Un roman à la construction subtile qui célèbre l’amitié, la tolérance et la solidarité.

L’été 2020 avec Val de Lire

Lectures en extérieur avec Roulebarak :

Mercredi 8 juillet entre 16h et 18h, parc de la rue Croquemotte à Beaugency.

Mercredi 15 juillet entre 16h et 18h, aire de jeux de Tavers.

Mercredi 22 juillet entre 16h et 18h, parc de la rue Croquemotte à Beaugency.

LECTURES-ATELIERS

du 25 juillet au 30 août

Dans le cadre des Estivales de Beaugency :

des lectures et un atelier tous les mardis.

Comptines plurilingues, fresque sur le thème de l’été, création d’images en pop-up…

Renseignements sur les lieux et inscriptions auprès du pôle culturel de la ville de Beaugency : Estivales 2020


Programme :

Mardi 28 juillet à 16h : lectures et création d’une image pop-up.

Mardi 4 août à 16h : lectures en plusieurs langues et jeu de devinettes dessinées.

Mardi 11 août à 10h : comptines en français et à travers le monde.

Mardi 18 août à 16h : lectures et fresque sur le thème de l’été.

Mardi 25 août à 16h : lectures et création d’une image pop-up.

Des albums et des langues

Val de Lire s’appuie pour ses actions de lectures partagées sur un fonds d’albums qui permet de s’étonner de la variété des formes icono-textuelles existantes.

L’association s’attache aussi à proposer des albums ouverts sur la diversité linguistique.

Des albums bilingues, ou en langue étrangère, sont emportés dans les valises ou dans le camion Roulebarak, lors des rencontres avec des publics allant de la petite enfance aux adultes non francophones.

Retrouvez la description du fonds plurilingue de Val de Lire dans le document ci-dessous.

En mettant à disposition des albums en langues étrangères, Val de Lire cherche à ouvrir un espace de découverte, de discussion, aussi bien entre « monolingues », ne parlant que le français ou une autre langue, qu’avec les personnes plurilingues. Chacun peut y nourrir une curiosité pour d’autres expressions culturelles, des sonorités, des significations, des signes alphabétiques différents, mais aussi en retour interroger et prendre plaisir à sa propre/ses propres langues.

Les personnes présentes peuvent enrichir ce fonds en proposant des traductions écrites ou enregistrées au dictaphone.

Val de Lire nourrit sa réflexion et ses projets sur ce sujet au contact d’initiatives comme le séminaire Babil Babel de l’Agence Quand les Livres Relient, qui recueille et restitue des recherches théoriques et pratiques sur le plurilinguisme et la petite enfance. L’Agence rappelle que les bibliothèques, structures de la petite enfance et associations ont un rôle à jouer dans la valorisation de la diversité des langues et des cultures. Il s’agit non pas de considérer les langues selon une vision utilitariste, de « stratégie » sociale, mais de reconnaître la dignité de chaque locuteur dans sa langue, de permettre des discussions entre les cultures.

Coup de coeur pour le travail éditorial de Didier Jeunesse, collection de comptines et de chansons à travers le monde.

Les plus belles comptines d’Europe, propos de la directrice des éditions Didier Jeunesse, Michèle Moreau :

Nous souhaitons offrir à l’enfant une sensibilisation plus qu’une véritable initiation aux langues. Tous les enfants, et pas seulement ceux des familles bilingues, sont concernés.

Cette collection des éditions Didier Jeunesse présente des comptines, berceuses, chansons dans de très nombreuses langues. Les livres en eux-mêmes sont de belles créations, toujours magnifiquement illustrées. Les comptines/chansons sont rédigées dans leur langue d’origine, en phonétique lorsqu’il ne s’agit pas de l’alphabet latin, et enfin traduites. Certaines comptines sont mises en écho avec des comptines françaises, pour souligner les passerelles entre les cultures. Le lecteur peut trouver en fin de livre des commentaires sur le collectage des textes, leurs origines et une explication.

Ces livres sont toujours un support privilégié d’échanges lors des temps de lectures, que ce soit en faisant remonter des souvenirs d’enfance, en s’amusant à découvrir des textes courts et souvent savoureux inconnus, ou pour les partager simplement.

Ce sont des livres-CD, dont les interprétations sont aussi disponibles sur des plateformes d’écoute en ligne. Les accompagnements musicaux et les interprétations sont particulièrement réussies, absolument pas mièvres, que ce soit les chants par des enfants ou par des noms reconnus du monde musical. Au delà de la langue, on s’initie aux instruments et aux rythmes des pays traversés.

Projet  » Je n’ai pas ma langue dans ma poche « , soutenu en 2019-2020 par la Fondation SNCF.