Coup de coeur pour L’arrivée des Capybaras

Coup de coeur de Sylvie Van-Praët pour L’Arrivée des Capybaras d’Alfredo Soderguit, Didier Jeunesse, 2020.

Si vous n’aviez jamais entendu parler des capybaras voilà l’occasion de faire plus ample connaissance. Alfredo Soderguit vit à Montevideo en Uruguay. Il est scénariste, cinéaste mais il a aussi publié « Je suis un animal » chez le même éditeur.

Ces capybaras « poilus, mouillés et trop gros » arrivent dans une ferme où personne ne les attend et surtout pas les poules. Elles pensent vivre une vie paisible où il n’y a « jamais rien à signaler »- même si l’illustration où l’on voit une poule suspendue par les pattes emportée par le fermier contredit ce propos. Ils vont y être reçus comme des intrus et soumis à des règles strictes par ces dernières. Ils fuyaient les chasseurs et les voilà piégés dans une mare.

C’est par la rencontre, sur une double page, entre un petit capybara et un poussin que tout va basculer. Le jeune capybara dont l’horizon est fermé par les joncs fait face à un petit poussin dont l’horizon est fermé par un grillage. Cette amitié et le sauvetage du poussin, que le chien voulait dévorer, va modifier la relation des poules avec les capybaras. S’ils partent ensemble de la ferme, c’est que chasseurs et fermiers ne font qu’un : ce que le lecteur découvre vers la fin de l’album.

Tout l’album est illustré en noir et blanc, parfois sépia et s’y ajoute une touche de rouge sur le toit de la ferme, la crête des poules et les casquettes des chasseurs.

L’album ne se clot pas totalement puisque la dernière illustration met face à face les poules montées sur les capybaras et un troupeau de moutons à la mine renfrognée. Dans le ciel de cette dernière image apparait un vol d’oiseaux migrateurs. Car c’est bien sûr de cela qu’il s’agit : de la migration et de l’accueil de l’autre.

Coup de coeur pour Odette fait des claquettes

Coup de coeur de Sylvie Van-Praët pour Odette fait des claquettes, de Davide Cali et Clothilde Delacroix, éditions Sarbacane, 2020.

Ne serait-ce que pour le plaisir de retrouver les illustrations de Clothilde Delacroix, il ne faut surtout pas se priver de cet album qui est un vrai moment de plaisir où le propos de la différence est tenu avec humour autant par l’auteur que l’illustratrice.

Odette ne sait pas très bien à quoi s’en tenir : trop maigre pour ses parents, trop grosse pour ses camarades d’école, trop ceci, trop cela… Mais elle Odette, « Qui peut savoir ce qu’elle a dans la tête ? » Odette aime manger, danser en costume d’abeille devant son miroir et surtout lire les romans de Léo David pour y retrouver son héroïne préférée Sauterelle qui ne mange que des tomates et des pousses de soja.

Quand on est rondelette la tentation est grande de devenir comme les autres ne serait-ce que pour en être accepté. Alors Odette décide d’arrêter de manger. Mais une telle décision ne peut tenir longtemps face à une maman qui l’emmène au « Paradis des bonbons ». Quand l’arrivée de Léo David est annoncée dans sa classe, Odette ne se tient plus de joie. La surprise devient révélation quand Odette découvre que Léo David est une femme – « En fait elle s’appelle Léonie »-, »elle est énorme », elle adore les spaghettis bologneses et les gâteaux et surtout :  » Tout le monde l’écoute quand même, hypnotisé ».

L’illustration de Clothilde Delacroix se reconnaît tout de suite : un trait vif , une bichromie très maîtrisée, comme dans « Son chat-chat à sa Chouchoute » ou  » Son chien-chien à sa mémère » d’Agnès de Lestrade.

Le personnage d’Odette, très touchant, à la « Little miss sunshine « , est présenté le plus souvent sans décor, sur fond blanc. Les illustrations, réparties sur les pages d’une façon proche de la BD, donnent de la vivacité au récit et l’humour de Clothilde Delacroix s’y déploie.

Coup de coeur pour Cigale par Cyril Varquet

Cigale, Shaun Tan, Gallimard jeunesse

La découverte de l’album Cigale de Shaun Tan dans la librairie de Beaugency m’a donné envie d’écrire un coup de cœur, de par la singularité de celui-ci.

Que raconte cette histoire ? La carrière d’un employé dans une entreprise, tout simplement. Rares sont les albums portant un avis sur l’univers du travail, sur son utilité, les rapports avec les collègues, la hiérarchie… Mais également la différence, car le protagoniste est une cigale. Une cigale dans un monde humain déshumanisé et qui se dirigera vers un monde animal accueillant. Une cigale violentée mais une cigale, vers la fin, libérée. Libérée grâce à un voyage avec ses semblables, dans un environnement plus chaleureux. La fin n’est pas forcément une tragédie.

Les techniques artistiques mises en œuvre sont ingénieuses et efficaces. Texte concis et intelligemment écrit. Pas de verbe conjugué pour souligner l’absence de lien entre les travailleurs et la cruauté de la situation. Des illustrations sombres, remplies de métaphores (tel que le brouillard pour symboliser l’inconnu). Un récit rythmé par un mélange texte/image puis un passage sans texte, très intéressant!

A lire sans fin, dès le CM1… jusqu’en Terminale (et plus) pour l’aspect philosophique.
Une histoire qui nous questionne, aussi bien sur la violence actuelle et qui nous invite à un éventuel retour à la nature.

Caché ! de Corinne Dreyfuss par Josiane Martin

Caché, de Corinne Dreyfuss, éditions Thierry Magnier

Lors de la formation « Pourquoi perdre son temps à lire des histoires ? » animée par Livre Passerelle et les fous de bassan en décembre, j’ai découvert un album sans illustration : Caché ! Je me suis beaucoup questionnée sur la façon de le lire à un petit, de l’interpréter. Ce livre ne convient pas à une lecture face à un groupe, seulement à une lecture à deux, côte à côte.

Livre-jeu cartonné, il se présente en trois chapitres : Dedans, Dehors, Toc-toc-toc. Les pages sont numérotées et présentées comme un roman, avec en haut de page le rappel du titre à gauche et du chapitre à droite.

Bon, il faut « sauter la préface » écrite par un pédopsychiatre et se laisser guider par les mots, la ponctuation, la taille des écrits, la disposition des groupes de mots sur la page, les onomatopées, « les bruits ambiants » ou les silences pour arriver… à la surprise finale.

Reprise du jeu de Caché ! Coucou ! bien connu des petits (et des grands !) qui permet au tout-petit de s’approprier la notion de séparation et de retrouvailles.

Cet album, sans illustration, n’autorise pas une lecture improvisée. Le lecteur ou la lectrice doit réfléchir à la façon dont il va présenter ce livre à l’enfant qui se demandera « mais il est où le personnage de l’histoire ? » avant de le découvrir et d’avoir envie de refaire une partie de cache-cache, peut-être en jouant-mimant l’histoire ?

Deux coups de coeur par Sylvie Van Praët

Une lectrice partage deux coups de coeur, pour des albums découverts lors de la formation des 10 et 11 décembre 2020, sur les enjeux et la pratique de la lecture à voix haute, animée par Livre Passerelle et la compagnie les fous de bassan!.

C’est écrit là-haut, Claudine Desmarteau, Seuil jeunesse, 2000

C'est écrit là-haut par Desmarteau

L’album joue sur les couleurs primaires : rouge, jaune, bleu, en pleine page.

L’illustration y est autant texte que le texte lui-même. Un texte-illustration un peu différent, certes, parfois en pictogrammes très simples à décrypter, ou mêlant texte et dessin. Un dessin au trait noir, noir comme la vie de Jacques, « C’est le prénom que mon père et ma mère ont choisi pour moi », dont les ascendants sont peu enviables – père qui aime un peu trop la bière, grand-père qui aimait un peu trop le vin et arrière grand-père qui adorait le whisky – .

Mais sa mère a sur ces destins un regard bien indulgent et intrigant pour Jacques qui craint sans doute pour son propre avenir. Elle y répond toujours par cette remarque « C’est comme ça, c’est écrit là-haut ».

Alors si tout est écrit là-haut, marcher sur les crottes de chien, acheter des bonbons, se voir refuser l’argent pour les acheter, casser les lunettes d’Antoine étaient aussi écrit là-haut.

Mais apparemment la machine s’enraye, car si c’était écrit là-haut, pourquoi les gendarmes le giflent -ils pour des lunettes qui devaient finir cassées, pourquoi sa mère puis son père font de même. Jacques se dit que vraiment « le destin c’est nul »!

Par un dessin qui simule le dessin d’enfant Claire Desmarteau nous emmène dans un grave débat sur le destin et le déterminisme, gravité contrebalancée par l’humour des dessins.

Mais l’album se termine sur un trait optimiste : « […] c’est pas écrit que j’aimerai la bière » et en illustration une marelle où les pictogrammes de la bouteille d’alcool, de la crotte de chien et de la claque sont barrés.

Un album à lire, regarder et discuter.

Le Canard, la mort et la tulipe, Wolf Erlbruch, La Joie de lire, 2007

Le canard, la mort et la tulipe | La Joie de lire

Le canard, cou dressé, sent derrière lui, depuis quelques temps, une présence. Il s’aperçoit que c’est la Mort dans sa robe à carreaux et ses pantoufles de vieille dame. Dans son dos elle tient une tulipe noire. Or la tulipe noire est le plus souvent symbole d’un amour passionné qui peut mener à la mort. Chacun sur une page, ils se font face.

Le canard s’en inquiète et demande si l’heure de sa fin est venue. Mais la Mort le rassure en lui disant qu’elle ne vient qu’après un accident ou une maladie. D’ailleurs elle a l’air bien inoffensive la Mort, avec sa tenue de ménagère.

Puis le canard et la Mort se partagent la même page allant d’un côté puis de l’autre tout en discutant : des anges, de l’enfer, tous sujets dont la Mort ne semble pas savoir grand chose.

Alors le canard s’habitue à cette présence et propose à la Mort un bain dans l’étang. La Mort y prend froid et le canard la réchauffe, allongé sur elle.

Leur débat se poursuit en haut d’un arbre car décidément la Mort n’aime pas l’eau.

De là-haut, tous deux observent l’étang. Sera-t-il encore là, seul, après la mort du canard ? Ou tout simplement n’existera-t-il plus puisque le canard n’y sera plus comme le suggère la mort ?

Quand le canard est pris d’un frisson c’est sa fin qui s’annonce. C’est la première fois que le canard et la Mort se font face mains dans les mains.

La Mort le dépose sur le fleuve et le regarde partir après avoir déposé sur son plumage la tulipe noire qui avait disparu pendant leurs conversations. « Lorsqu’elle le perdit de vue, la mort fut presque chagrinée. Ainsi va la vie… »

Les deux personnages, dont les expressions se limitent aux regards pour le canard et aux mouvements du corps pour la Mort , se dressent sur des fonds de page blanche. Seuls des morceaux d’arbustes en bas ou en bord de page les resituent dans la réalité du canard.

Tout l’album est en tons pastels, très doux et l’humour de Wolf Erlbruch s’exprime dans les postures du canard, bien droit, clignant des yeux ou tournant la tête quand la mort impassible s’allonge, s’assoit, se promène mains dans le dos…

La toute dernière page, sans texte, montre la Mort entourée d’un lièvre et d’un renard qui lui tournent autour en gambadant. Vient-elle les chercher ?

Un album au sujet « sérieux » mais que l’humour, par la naïveté du canard et le personnage décalé de la Mort, rend lisible par tous.

A propos de la lecture de C’est écrit là-haut

Lors d’une lecture à voix haute cet album donne envie de partager la colère de Jacques, le jeune narrateur, ou d’appuyer le comique de répétition. Cependant il est vrai qu’une retenue et une neutralité servent mieux l’album. Retenir l’interprétation, notre interprétation de lecteur est souvent difficile. Pourtant si le texte permet parfois une « théâtralisation », l’illustration elle ne le permet pas et dans un album – celui-ci en particulier- ce qui se joue entre le texte et l’illustration c’est le sens, celui que le lecteur perçoit ou celui que l’auditeur reçoit. Or les deux, parfois, ne se rencontrent pas.

Imprimer un sens à l’album en jouant le texte, en accentuant ce que le lecteur ressent comme signification, c’est le risque de fermer d’autres lectures de l’album.

A propos de la lecture de Le Canard, la mort et la tulipe

Pour cet album le problème de l’interprétation du texte est peut-être inverse.

Tout d’abord l’illustration, même si elle très puissante, se lit beaucoup plus vite. Elle est précise et sans détail. L’auditeur n’a pas à s’y attarder pour l’appréhender dans son entier. De plus elle est énigmatique.

A partir de ce moment le lecteur va avoir un rôle plus complexe dans l’interprétation des deux voix qui s’affrontent : le canard et la mort. Le premier est naïf et la seconde presque détachée et lire cet album en gardant le même registre pour les deux personnages complique la compréhension sans compter les interventions du narrateur. La neutralité du ton risque ici de perdre l’auditeur.

Coup de cœur de Nicole Verdun : Je n’ai jamais dit…

Je n’ai jamais dit, de Didier Jean et Zad, ill. Régis Lejonc, éditions Utopique, 17€

Le dessin de couverture de Régis Lejonc représente une fillette, le doigt sur la bouche, le regard interpelant le lecteur. Même chose sur la dernière de couverture avec un portrait d’adolescent : on pourrait y voir une incitation à se taire.

Sur la double page de garde, une carte muette du monde où chaque pays se voit attribuer une couleur différente. Sur la page suivante, un petit groupe, peut-être une famille, dont chaque membre a le doigt sur la bouche.

Chaque double page est structurée de la même façon : d’un côté, la phrase qui commence par « je n’ai jamais dit à personne », puis suit la révélation qui peut être d’ordre social , familial, professionnel… En bas, le prénom, l’âge, et le pays d’origine de la personne « qui dit ». Sur la page d’en face, l’illustration de Régis Lejonc donne des clés au lecteur pour qu’il puisse imaginer l’histoire qui n’est pas écrite … Travail remarquable où l’image met le sujet en situation, ce qui apporte une foule de renseignements sur la personne.

« Ceux qui disent pour la première fois » peuvent être des enfants, des adultes de différents âges et de toutes nationalités : la plus jeune Madelyn, est une Canadienne de 6 ans qui avait bouché la serrure de l’école avec une allumette, le plus âgé Mademba, un Rwandais de 87 ans qui aurait aimé changer le monde pour qu’on y vive en paix… . Ces histoires s’adressent à tous, petits et grands, chaque lecteur interprétera la révélation selon ses connaissances et ses propres références . Par exemple :  » Je n’ai jamais dit à personne que pendant la guerre, j’ai sauvé la vie d’un soldat ennemi. » (Safiha . 37 ans. Kurde d’Irak). Ou encore :  » Je n’ai jamais dit à personne que j’ai le vertige. » (Oksana 25 ans. Ukrainienne) L’illustration montre une acrobate qui évolue le long d’une corde.

Mais alors pourquoi les actes, les sentiments, les peurs, les rêves sont-ils restés si longtemps cachés, pour certains ? La timidité, la crainte des représailles, la lâcheté, la honte, la bienséance auraient-elles empêché la parole ?

La dernière double page reprend la carte du monde, mais cette fois en indiquant le prénom de la personne dans le pays qui lui correspond.

L’album ne dit pas si ce sont les « vraies confidences » de vingt personnes à travers le globe, ou si elles sont imaginées par les auteurs …

Un grand et bel album où, pour chacune des personnes, quelques mots brillamment illustrés donnent matière à la création d’une histoire singulière dans l’imaginaire du lecteur. Et vous, qu’est-ce que vous n’avez jamais dit à personne ?

Les livres du Prix Jacques Asklund 2021

Cinq romans sélectionnés

Les romans du Prix Jacques Asklund sont sélectionnés par des membres des bibliothèques du réseau de lecture publique de la CCTVL et de Val de Lire. Ils sont adressés aux enfants de CM2-6e-5e du territoire, qui désignent un-e lauréat-e à qui le prix est remis lors du salon du livre jeunesse.

Dans la semaine du 21 au 25 septembre 2020, les lectrices de Val de Lire et les bibliothécaires se rendent dans les classes inscrites pour proposer des lectures d’extraits des 5 romans sélectionnés. Ensuite, les élèves auront jusqu’au 10 mars 2021 pour les lire et choisir leur livre préféré.

Renseignements pour participer au Prix auprès de la médiathèque La Pléiade.

Critiques de Marie-Claire Degrave, Sylvie Van Praët et Nicole Verdun.

Jubeï : la voie de l’eau. Le forgeur d’âme. Sylvain Rumello, éditions à contresens

Auprès du maître Funaki, « le forgeur d’âmes », trois jeunes gens, une fille et deux garçons, vont apprendre la solidarité et la persévérance. Ils vont aussi apprendre à se connaître eux-mêmes et trouver la force mentale autant que physique d’atteindre le but qu’ils se sont fixé. Emiko , la jeune princesse, veut reconquérir le trône de son père qui a été empoisonné.

Buichi, fils d’un héros, veut devenir un valeureux guerrier comme son père.

Quant à Jubeï, fils d’artistes, il n’a qu’un talent « celui de s’attirer les pires ennuis » car il ne supporte pas l’injustice. Ses parents veulent le protéger et qu’il apprenne à se défendre.

Au cours du récit chacun devra découvrir l’élément qui lui ressemble : pour Emiko ce sera le vent, pour Buichi le feu et pour Jubeï l’eau.

Le grand maître Funaki leur impose une autre discipline : celle de la connaissance. Il leur faudra affronter les guerriers du seigneur Mikoto « qui fait trembler les peuples ».

Ce roman est une haletante initiation où chacun peut se reconnaître dans l’une ou l’autre des élèves du maître Funaki.

Ethan et Orion. Sylvie Allouche, éditions Syros.

Ethan, jeune orphelin, s’est enfui de l’orphelinat où il est maltraité. Dans sa fuite, il rencontre le magnifique cheval blanc Orion dont il comprend le langage.

Celui-ci lui raconte son histoire. Orion est lui-même en fuite car il est condamné pour avoir fait chuter un seigneur. Arrivés à une ferme ils vont retrouver Perle noire, la soeur de Orion, et Ethan fera la connaissance de Zéli et de son père Augustin. Tous devront défendre Orion des chasseurs qui le poursuivent encore.

De surprises en rebondissements « Ethan et Orion » nous emmène dans un univers poétique et fantastique.

La Dernière sorcière. Johan Héliot, Fleurus

Le roman s’ouvre sur le fracas des cavaliers du Lord de la nuit qui, à la lueur de la lune, viennent enlever Elmira, la mère d’Anya . La jeune fille doit fuir sous l’apparence d’un garçon.

Pour échapper à ses poursuivants elle se jette dans la rivière. Sauvée de la noyade par Errol, avec qui elle va sympathiser, elle trouve refuge et aide auprès de comédiens ambulants, Errol son sauveur, Jabot, le corbeau qui parle, Orsen le père d’Errol, et puis Isembard : un nain, fin cuisinier.

Est-ce bien prudent d’accepter l’offre du prince des ténèbres sollicitant une représentation dans sa demeure ? Mais n’est-ce pas là le moyen de gagner un peu d’argent pour remonter les finances de la troupe et approcher la mère d’Anya ? Tenter de la soustraire à une mort certaine ? Elmira est-elle vraiment la dernière sorcière ? Et qui est ce père dont Anya ignore tout ?

La tension dramatique tient le lecteur en haleine dès le début et tout le long du récit. Le lecteur entre peu à peu dans un univers fantastique où Anya se révèle, se confrontant à un monde de ténèbres et de domination funeste…

Peur dans la neige. Sandrine Beau, Mijade

Peur dans la neige est un roman policier.

Deux enfants, Fleur et son frère Julius, de faux jumeaux, passent leurs vacances chez leur grand mère surnommée Mamilia. Bien qu’elle soit en fauteuil roulant, Mamilia fait preuve d’un dynamisme hors du commun et parle comme dans les films de Michel Audiard.

Une nuit, tout va basculer à cause d’une petite lumière que Fleur aperçoit à la lisière de la forêt et d’une envie irrésistible d’aller aux toilettes.

Si Julius est très raisonnable, Fleur est beaucoup plus aventureuse. Elle ne peut résister à l’envie d’aller voir ce qui se passe à l’orée du bois. La maison est loin de tout. Pas question de trouver de l’aide chez les voisins. Cette lumière n’est pas un feu follet et quelqu’un la porte forcément. Fleur n’est-elle pas un peu trop curieuse ?

L’essentiel du roman va se dérouler en une nuit, terrifiante, pleine de rebondissements où les trois héros vont devoir faire preuve d’ingéniosité pour s’en sortir. S’ils s’en sortent … On ne peut en dire davantage sans gâcher le plaisir, plaisir du frisson, du suspens et même de la peur.

Mon cher correspondant. Maryvonne Rupert, Fleurus

Clara et Elio correspondent par e-mails. Rien d’étonnant à cela si ce n’est que la fillette vit en France et le garçon au Liban. A priori tout les oppose : sexe, pays, culture, milieu. Mais cet échange organisé entre leurs deux établissements scolaires va leur donner l’occasion de se connaître, de devenir amis ( et plus si affinités…) et d’ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure.


Clara aide Nour, la jeune Syrienne arrivée dans sa classe, à s’intégrer. Elio s’interroge sur le sort de sa « bonne », Amilia, une Philippine que jusqu’alors il ne voyait même pas. Bientôt ils auront un projet commun : retrouver la maman de Nour, réfugiée dans un camp près de Beyrouth.


Les chapitres alternent entre leurs e-mails mais aussi les lettres que Clara envoie à sa grand-mère et les extraits de son journal intime. Les informations sont ainsi livrées petit à petit, ce qui facilite la lecture car de nombreux thèmes sont abordés : la migration, la pauvreté en France, la vieillesse…
Un roman à la construction subtile qui célèbre l’amitié, la tolérance et la solidarité.

Coups de coeur d’été

En attendant une programmation de lectures et d’ateliers cet été, retrouvez les coups de coeur des lectrices et lecteurs qui évoquent les beaux jours, les vacances, la mer, le temps suspendu, les jeux…

Coup de coeur pour J’aime l’été de Minne, illustré par Natali Fortier, éditions Albin Michel Jeunesse, par Roselyne Chassine.

Natali Fortier et  Minne - J'aime L'été....

Ce livre compile une foule de petits riens qui nous parlent à tous.

Des petits riens d’été…

Chaque page s’ouvre avec un « j’ai aimé » écrit de plusieurs plumes, celle de Minne, la tienne, la mienne assurément… Suivent quelques lignes qui, dans un style simple viennent chatouiller nos sens. L’illustration aux couleurs douces, toute en finesse ajoute une petite touche nostalgique à chaque page.

Des préparatifs au trajet, des siestes sous la chaleur écrasante à la fraîcheur du crépuscule, des secrets échangés aux histoires inventées, par petites touches, l’été s’offre à nous.

La contemplation d’une araignée dans sa toile, du parcours des fourmis, des nuages ou du ciel étoilé ; la caresse du brin d’herbe, les pierres de la rivière, l’écume des confitures et la brûlure du soleil, les rêves, les jeux de l’enfance jusqu’au jour où les hirondelles-pinces à linge se posent sur les fils et annoncent la fin de l’été…

Un joli livre qui ouvre la boîte à souvenirs des étés de l’enfance.

Coup de coeur pour Belle maison d’Anaïs Brunet, éditions Sarbacane par Isabelle Gracia.

Une couverture aux couleurs vives, avec deux enfants à l’extérieur d’une maison.

Anaïs Brunet, autrice et illustratrice, nous conte une histoire d’amour éternel, de nostalgie, de fratrie, de génération,de maison refuge. La narratrice, somnolente, est réveillée par la sonnette de la porte d’entrée. C’est l’été !

Les enfants sont revenus !

Ils passent de pièce en pièce, grimpent dans les étages, reprennent des repères, réinstallent la maison, lisent, redécouvrent des jeux, et vont vite regagner la plage. Une journée se déroule sous l’œil de la narratrice.

Mais qui est la narratrice ? Leur grand-mère ?

Non, c’est la maison familiale  de vacances qui revit, vibre, a des sentiments humains,veille avec bienveillance sur les enfants.

Ce soir, chers petits, je vous protégerai contre l’orage et la tristesse… N’ayez crainte : je vivrai assez longtemps pour vous voir grandir. Vous me quitterez un jour… Vous saurez où me trouver. Je demeurerai pour toujours, votre belle maison.

Anaïs Brunet

Coup de coeur pour Bulle d’été de Florian Pigé, éditions HongFei, par Marie-Claire Degrave.

Vacances d’été : un jeune garçon prend son petit déjeuner au bord de la piscine, les pieds dans l’eau, il observe un oiseau qui s’approche.Une double page les montre tous deux de profil dans une communion parfaite de couleurs et de regards.

Et le récit commence. Le garçon passe seul les vacances : il observe les petites bêtes, dessine, regarde la télé, s’ennuie un peu sans doute. L’après-midi, revêtu de sa cape de héros, il soigne les chats du quartier, enfourche son vélo et part à l’aventure.  « Le temps est comme suspendu », dit l’auteur, place alors à l’imagination et au rêve.

Parfois il croise Lily mais sans oser l’aborder ! Il se contentera de rêver d’elle.

Les vacances s’achèvent, elles ont passé vite… la chambre est bien rangée, c’est déjà la rentrée.

Une bonne surprise l’attend dans sa nouvelle classe.

Tout est réussi dans cet album : le texte, jamais puéril, sonne juste et va à l’essentiel ; les illustrations jouent sur les différents codes  (la BD, le dessin d’animation ) et varient les angles de vue . Le choix des couleurs chaudes correspond tout à fait à la sensibilité du garçon proche de la nature et la mise en page donne un rythme particulier à l’histoire.

Un grand coup de cœur pour cet album plein de poésie : enfin une histoire où il ne se passe rien, de l’émotion pure.

Coup de coeur pour L’un d’entre eux de Géraldine Alibeu, La Joie de Lire, par Sylvie Van-Praët.

Voici un album où l’illustration et le texte jouent à cache cache avec le sens d’autant plus facilement que les pages des illustrations et celles du texte se tournent indépendamment l’une de l’autre.

L’un d’entre eux mais lequel ? Surtout que le narrateur s’en mêle en fin d’album:

Je suis l’un d’entre eux.

Quelquefois,

j’imagine que je suis un autre.

Les illustrations mettent en scène, de page en page, les mêmes personnages reconnaissables à un vêtement ou un accessoire. Ils sont à la plage, dans les dunes, à la terrasse d’un café en bord de mer. Mais aucun indice ne permet de savoir ce que raconte le texte : lequel a un grain de beauté à l’intérieur du nombril, est un ancien agent secret, a un goût amer de dentifrice dans la bouche ? De plus cet univers de vacances assez ordinaire bascule lorsqu’apparaissent trois chevaliers et une princesse à cheval. Rêve ? Histoire que le narrateur se raconte ? Tournage d’un film ? Pourtant cette apparition ne perturbe en rien les activités des vacanciers…Mais à bien y regarder que fait ce pélican dans les bras d’une petite fille, quelles sont ces feuilles avec un gros point jaune distribuées à chacun d’entre eux à la fin de l’album : une photo de la femme photographe ? Le texte correspondant à chacun ?

Entre quotidienneté et onirisme, entre illustrations et textes, l’album nous invite à un parcours en tous sens. Car ici le sens de la lecture – du début à la fin – n’a guère d’utilité. On se balade dans les pages illustrées et les pages écrites jusqu’à ce qu’il soit l’heure de rentrer.

Coup de coeur pour Après l’été de Lucie Félix, Les Grandes Personnes, par Sylvie Van-Praët.

Le dessin très graphique de l’autrice nous emmène à travers les saisons de la pomme au pommier, de l’oiseau au nid, de l’automne à l’hiver et enfin à la couvée du printemps. Les découpes de la page de droite révèlent, lorsque l’on tourne la page, des formes sur la page de gauche.

Une pomme à croquer, un ver dans la pomme, un rouge-gorge qui mange le ver, un nid construit pour le rouge gorge …l’enchaînement des éléments évoque la comptine. D’autant que les phrases qui ne disent que l’essentiel jouent parfois d’une rime en « é » et donnent au récit sa fluidité.

Les catastrophes provoquées par l’orage et la tempête sont réparées par ce simple jeu de découpe qui donne à l’album ce ton poétique et un peu fantastique.

Les illustrations sont traitées en couleurs vives et les courtes phrases en bas de page, pour la plupart, laissent aux illustrations le soin de révéler l’histoire.

Coup de coeur pour Jouets des champs, d’Anne Crausaz, éditions MeMo par Nicole Verdun.

Sur la couverture cartonnée, un pied de coquelicots et des herbes folles. Parmi les fleurs de coquelicot, l’une avec seulement un pétale, une autre dont la corolle retournée transforme la fleur en poupée, et toutes les autres en bouton. L’œil de l’observateur est au ras du sol. Le dessin d’Anne Crausaz est fait d’aplats de vert et rouge, quelques détails au trait noir fin. La page de garde propose un pied de bouton d’or et deux graminées.

Et puis arrive l’invitation de la maman à la promenade, Lucien ira avec seulement Petit ours. La double page du départ de la chasse aux trésors nous montre le petit garçon marchant au milieu d’une superbe végétation de prairie : ombelles, graminées variées, boutons d’or, coquelicot, l’œil est toujours au ras du sol…Puis, le point de vue s’élève. Depuis le haut du bras, un akène d’érable se transforme en hélicoptère dont l’hélice tourne. Dans cette jungle où s’ajoutent maintenant liseron et trèfle, Petit ours est perdu … puis retrouvé. L’observateur domine maintenant un espace où les pissenlits laissent envoler leurs graines comme des parachutes. Des corneilles se posent dans la prairie. Allongé dans l’herbe Lucien se repose, se laisse chatouiller par une coccinelle, regarde la lune en plein jour. Il apprend à faire des bateaux avec du bois et des feuilles, des poupées avec les fleurs de coquelicots, une couronne avec celles des pissenlits. À la fin de la journée, de retour à la maison, il admire sa récolte.

Toutes les illustrations sont en double page, le texte vient se poser dessus.

Anne Crausaz, avec cet album, propose une promenade d’été, bucolique et tendre, ponctuée de dialogues à minima. Elle invite, petits et grands, à prendre le temps de regarder, de rêver, de glaner, de construire des petites choses. Son dessin précis et léger restitue un monde végétal de bord de sentier ou de prairie. Si on regarde bien, on peut le voir bouger sous le léger souffle tiède du vent … 

Coup de coeur pour Pipi dans l’herbe, de Magali Bonniol, L’école des loisirs, par Nicole Verdun.

Que celles, petites ou grandes, qui n’ont jamais ressenti une envie pressante au cours d’une randonnée ou d’un après-midi dans la nature lèvent la main ! Une petite fille, au milieu d’un pré, se trouve saisie par cette envie. Ce sont ses paroles et ses réflexions qui sont transmises au lecteur par l’autrice par l’utilisation du « je » . Le défi à relever : choisir le bon endroit. Celui qui ne soit pas être ni envahi par les orties, ni habité par une grosse araignée… Le lieu idéal étant repéré, la petite fille peut se soulager en espérant que l’araignée ne l’a pas suivie. Oui, mais voilà, la belle rivière de pipi, sème la panique chez les fourmis, provoque l’inondation pour la coccinelle. La petite fille porte secours aux petites bêtes, mais trouve tout de même qu’elles font beaucoup d’histoires pour pas grand chose !

Les phrases courtes, qui reprennent les paroles de la fillette sont présentées sur la page de gauche et l’illustration sur la page de droite. Traits fins noirs pour le dessin, les surfaces sont colorées en couleurs unies. Le visage et les attitudes de la petite fille traduisent ses émotions ou réflexions. L’histoire commence de façon réaliste et se termine par un dialogue purement imaginaire avec la coccinelle.

Coup de coeur pour Le Voyage de l’âne d’Isabelle Grelet et Irène Bonacina, Didier Jeunesse, par Marie-Claire Degrave.

L’âne tourne en rond dans la ferme : toujours les mêmes animaux, les mêmes activités ! Quelle vie monotone ! Alors aux beaux jours, il répare un vieux combi et décide de partir ailleurs, vers le sud.

Mais les autres aussi, le coq, le cochon, le lapin, la chèvre ont envie de participer au voyage. Entre amis, on est solidaire : l’âne est facilement convaincu de l’utilité de chacun et un beau matin, en route !

Une vraie fête ! On traverse la France puis l’Espagne. Quand un animal trouve le lieu idéal à son épanouissement personnel, il s’arrête. Finalement l’âne arrive seul à Gibraltar. La mer, le soleil, l’horizon… que c’est beau !

Oui, mais il ne tarde pas à tourner en rond en quête d’un autre bonheur : l’amour.

Justement, une « ânesse aux belles tresses » répare un pédalo pour gagner l’Afrique. Elle accepte la compagnie de l’âne mais c’est elle qui tiendra le gouvernail, à gauche. Très belle conclusion !

Cette histoire est très agréable à lire avec les enfants. Les illustrations sont détaillées, amusantes, les personnages expressifs, et les doubles pages sur le parcours donnent envie de découvrir ces paysages. Le texte (des dialogues entre les animaux) suit toujours le même schéma donnant ainsi un rythme particulier que les enfants mémorisent. S’ajoute un vocabulaire d’une grande richesse.

Un album idéal après le confinement !

Coup de coeur pour Moon Brothers, par Sylvie Van Praët

Moon Brothers, Sarah Crossan, traduit par Clémentine Beauvais, Rageot, 2019.

Pour Joe, Ed c’était son « frère, mais c’était aussi un genre de père et de meilleur ami ».

Si Joe part pour le Texas c’est pour retrouver ce frère qui est parti il y a longtemps. Il n’était alors qu’un petit garçon dans une famille sans père et quasiment sans mère.

Maintenant Edward Moon attend son exécution à moins que la cour d’Etat, la cour suprême et en dernier recours le gouverneur n’en décident autrement.

Joe raconte ses journées, ses rencontres au parloir avec ce frère à qui il ne sait pas quoi dire..

Joe se souvient de lui, si prévenant, qui l’emmenait à l’école et lui racontait des blagues.

Joe ne peut croire à la culpabilité de son frère.

« Ils ont coffré Ed pour le meurtre d’un flic,

un crime bien moche,

mais tous les criminels ne finissent pas sur la chaise,

électrique. »

Dans la touffeur du Texas Joe bricole une voiture en gage de quoi on lui fournit une chambre et de quoi manger.

Entre les parloirs et les souvenirs Joe redécouvre ce frère comme un « mec bien » et l’attente n’en devient que plus oppressante.

Et puis il y a Nell, une fille délurée qui prend de plus en plus de place « Je pense à Nell, son short, son T-shirt lâche, pas à Ed et à son jogging ».

De chapitre en chapitre le temps s’écoule et le gouffre se creuse entre la résignation de Ed et l’espoir mêlé de colère de Joe.

Le récit est à la première personne et le narrateur nous livre sans voile, ses impressions, ses souvenirs, ses émotions, ses désirs et ses défaites. Cela donne à ce livre une forme très particulière de chapitres très courts, le plus court étant celui-ci :

 » Jour suivant

Pareil « 

et des chapitres plus développés dont l’un des plus longs est sans doute le récit par Ed du périple qui lui valut de se retrouver en prison.

« Moon Brothers » ressemble ainsi à un journal intime où les personnages de sa sœur, sa mère, sa tante sont dévoilés progressivement au fil des souvenirs et l’histoire de Joe se construit comme un puzzle où le lecteur est très actif.

C’est bien sûr un plaidoyer contre la peine de mort pratiquée encore aux Etats Unis.

Coup de coeur pour Inséparables, par Anouk Gouzerh :

A découvrir, de la même autrice : Inséparables (éditions Rageot, 2017), l’histoire de Grace, sa rentrée au lycée, son premier amour, sa relation avec sa soeur Tippi, sa famille… une histoire classique, sauf que Grace et Tippi sont des « soeurs siamoises », aux tempéraments bien différents.

Le livre est, comme Moon Brothers, écrit en vers libres, et évite avec talent le voyeurisme, le pittoresque ; il explore toute la complexité des relations entre les personnages, et nous émeut fortement lorsqu’il exprime le sentiment de risque avec lequel les deux soeurs vivent, de santé fragile alors qu’elles commencent à s’ouvrir au monde.

Ces romans nous ont été présentés par les bibliothécaires de la médiathèque La Pléiade de Beaugency dans le cadre du club Book Ados, pour découvrir la littérature jeunesse à partir de 13 ans (un vendredi soir par période, à la médiathèque).

Booktubes : Jeanne Benameur par les collégiens de Meung-sur-Loire.

Par et avec : la classe de 4e D du collège Gaston Couté de Meung-sur-Loire, avec Mme Bondeel, professeure de français, et Mme Amady, professeure documentaliste.

Les élèves ont participé au projet TOP’ADOS : ils ont lu six romans de Jeanne Benameur et ont réalisé et monté des booktubes, des vidéos pour partager leur avis et coups de coeur.

Retrouvez ci-dessous cinq booktubes qui auraient dû être présentés par les élèves lors du salon du livre.

Samira des Quatre-Routes

Présentation : Marine, Matthys, Tiago, Titouan.

Le Ramadan de la parole

Présentation : Alban – Hugo – Noah – Oscar

Valentine Remède

Présentation : Arnaud – Altin – Léo – Mathis – Silvino – Théo

Pourquoi pas moi
Ça t’apprendra à vivre