Coup de coeur pour Sans foi ni loi, de Marion Brunet, par Sylvie Van-Praët

Lauréat du prix Pépites catégorie Fiction ados au salon du livre jeunesse de Montreuil.

Le far-west, les saloons, les chevaux et les shérifs, les poursuites et les duels. Il y a de tout cela dans le roman de Marion Brunet et bien plus. Dans l’Amérique des années 1920, la ségrégation et la haine contre les Indiens ou Métis divisent la société.

C’est Garett qui raconte ce long périple où il fut otage, puis complice et enfin ami de Abigaïl Stenson dite Ab.

Garett a seize ans quand Abigaïl Stenson l’enlève sur son cheval. Ab Stenson est habillée comme un homme et revendique cette liberté.

Face à face entre deux personnages que tout oppose : Garett est fils d’un pasteur rigoriste, Ab abandonnée à la fureur des hommes a choisi la violence même si elle « ne tue pas pour le plaisir. »

Ab se livre peu. Au fil des jours, pourtant, Garett n’est plus son prisonnier mais son compagnon de voyage. Il découvre la vie que son père lui interdisait à force de coups et de brimades. Il admire cette femme que rien ni personne n’arrête.

Il suit Ab jusqu’à sa ville d’attache où grandit sa fille aux côtés de son amie de toujours, Jenny.

De rencontres en étapes Garett se construit et découvre l’amour, l’amitié et surtout la liberté.

Chaque chapitre est un tableau plein de couleurs, d’odeurs ; les dialogues y sont ciselés. L’essentiel est dit ; les silences en pointillés laissent deviner des regards et des tensions.

Sans foi ni loi, Marion Brunet, éditions Pocket Jeunesse, 2019