Le bruit des autres nous fait grandir

 

 

 

Cécile ROUMIGUIERE, Carole CHAIX (ill), Une princesse au Palais, ed. Thierry Magnier, 2012, 40 p
Cécile ROUMIGUIERE, Carole CHAIX (ill), Une princesse au Palais, ed. Thierry Magnier, 2012, 40 p

À partir de 10 ans.
Les garçons aussi peuvent utilement le lire.

Thèmes : Adolescence – Féminité – Réalité et imaginaire

Condensé pour pressés : Une enfant passe son mercredi dans le café où travaille sa grand-mère. Ce jour-là est comme les autres et les clients sont, presque tous, des habitués. Mais ce jour est aussi différent, à cause de ce qu’elle ressent dans son corps, qu’elle ne connaît pas, qui l’inquiète mais qu’elle pressent être un changement majeur pour devenir grande.


Cécile Roumiguière (Auteure)

Cécile Roumiguière écrit des romans, des scénarios pour la scène, elle adapte des romans pour le cinéma (elle s’est formée à la Fémis).

A suivre, à lire, à voir par ici.

 

Carole Chaix (Illustratrice)
Invitée d’honneur de ce 31è Salon

 Carole Chaix utilise toutes les techniques à sa disposition : elle dessine, elle illustre, elle peint, elle sculpte…

A suivre, à lire, à voir par là.


CRITIQUE

 

Dès la couverture on se sait entre rêve et réalité, entre noir et blanc et couleurs, entre les visages et les objets qui, tous, sont vivants. Tous les espaces de ce très grand format (27 x 37cm) sont habités : partout l’illustratrice a crayonné. Et pourtant le regard n’est pas contraint : il se balade librement, il déchiffre, il butine ; malgré la surabondance des éléments, rien n’est jamais clos.

Dans le texte non plus. Cinq petites phrases pour dire que l’on est mercredi, que l’enfant est là comme d’habitude, mais « Ce matin, son ventre est dur, noué ». L’auteure n’en dit pas plus et met en place les personnages (le patron, la patronne, les clients, le serveur), le décor (tables, piano, portemanteau, fauteuils de moleskine, des lapins, une pendule suspendue à la main d’un ange…) et ses mystères, telle la dame antilope assise près d’elle et obstinément silencieuse. Le texte met aussi en scène les odeurs de cuisine et un air de jazz, le temps qu’il fait (il pleut, ciel d’orage, soleil et, au moment de partir, la nuit déjà tombée), tout cela dans le mouvement du service, les gestes du travail, les tâches quotidiennes. Le texte dit ce qui se passe et aussi ce que rêve l’enfant, ce qui s’imagine dans un échange de regards, tout ce monde de fantasmes que portent les visages et les objets. Tatie Jacquie, qui tient le night-club, offre un livre à l’enfant : L’écume des jours de Boris Vian qui est une sorte de double symbolique de ce Princesse au Palais (car ceci se passe au Café du Palais).

Chaque fois que le regard revient sur une double page, il y découvre de nouveaux détails, oubliés à la première lecture, tant les images de Carole Chaix sont foisonnantes ; et, dans le texte, les mots eux-mêmes prennent de nouvelles résonances.

Un livre que la lecture ne peut épuiser…

Roger.
J’aime les écritures légères, suggestives,

qui font l’inverse de souligner les effets.
Celles qui font confiance à l’intelligence
du lecteur et le poussent à mettre en jeu
sa propre sensibilité pour faire sien l’univers
si personnel de l’auteur : si profondément
personnel qu’il touche tout un chacun.

 

 

ACTUALITES EXPO

 

Dans une semaine, l’installation Objets Vraiment Nouveaux Identifiés à l’Eglise St-Etienne de Beaugency ouvrira ces portes.

Et le 9 mars, suite à la journée de formation ouverte à tou-te-s, elle fera son vernissage en dessin.