Les livres du Prix Jacques Asklund 2021

Cinq romans sélectionnés

Les romans du Prix Jacques Asklund sont sélectionnés par des membres des bibliothèques du réseau de lecture publique de la CCTVL et de Val de Lire. Ils sont adressés aux enfants de CM2-6e-5e du territoire, qui désignent un-e lauréat-e à qui le prix est remis lors du salon du livre jeunesse.

Dans la semaine du 21 au 25 septembre 2020, les lectrices de Val de Lire et les bibliothécaires se rendent dans les classes inscrites pour proposer des lectures d’extraits des 5 romans sélectionnés. Ensuite, les élèves auront jusqu’au 10 mars 2021 pour les lire et choisir leur livre préféré.

Renseignements pour participer au Prix auprès de la médiathèque La Pléiade.

Critiques de Marie-Claire Degrave, Sylvie Van Praët et Nicole Verdun.

Jubeï : la voie de l’eau. Le forgeur d’âme. Sylvain Rumello, éditions à contresens

Auprès du maître Funaki, « le forgeur d’âmes », trois jeunes gens, une fille et deux garçons, vont apprendre la solidarité et la persévérance. Ils vont aussi apprendre à se connaître eux-mêmes et trouver la force mentale autant que physique d’atteindre le but qu’ils se sont fixé. Emiko , la jeune princesse, veut reconquérir le trône de son père qui a été empoisonné.

Buichi, fils d’un héros, veut devenir un valeureux guerrier comme son père.

Quant à Jubeï, fils d’artistes, il n’a qu’un talent « celui de s’attirer les pires ennuis » car il ne supporte pas l’injustice. Ses parents veulent le protéger et qu’il apprenne à se défendre.

Au cours du récit chacun devra découvrir l’élément qui lui ressemble : pour Emiko ce sera le vent, pour Buichi le feu et pour Jubeï l’eau.

Le grand maître Funaki leur impose une autre discipline : celle de la connaissance. Il leur faudra affronter les guerriers du seigneur Mikoto « qui fait trembler les peuples ».

Ce roman est une haletante initiation où chacun peut se reconnaître dans l’une ou l’autre des élèves du maître Funaki.

Ethan et Orion. Sylvie Allouche, éditions Syros.

Ethan, jeune orphelin, s’est enfui de l’orphelinat où il est maltraité. Dans sa fuite, il rencontre le magnifique cheval blanc Orion dont il comprend le langage.

Celui-ci lui raconte son histoire. Orion est lui-même en fuite car il est condamné pour avoir fait chuter un seigneur. Arrivés à une ferme ils vont retrouver Perle noire, la soeur de Orion, et Ethan fera la connaissance de Zéli et de son père Augustin. Tous devront défendre Orion des chasseurs qui le poursuivent encore.

De surprises en rebondissements « Ethan et Orion » nous emmène dans un univers poétique et fantastique.

La Dernière sorcière. Johan Héliot, Fleurus

Le roman s’ouvre sur le fracas des cavaliers du Lord de la nuit qui, à la lueur de la lune, viennent enlever Elmira, la mère d’Anya . La jeune fille doit fuir sous l’apparence d’un garçon.

Pour échapper à ses poursuivants elle se jette dans la rivière. Sauvée de la noyade par Errol, avec qui elle va sympathiser, elle trouve refuge et aide auprès de comédiens ambulants, Errol son sauveur, Jabot, le corbeau qui parle, Orsen le père d’Errol, et puis Isembard : un nain, fin cuisinier.

Est-ce bien prudent d’accepter l’offre du prince des ténèbres sollicitant une représentation dans sa demeure ? Mais n’est-ce pas là le moyen de gagner un peu d’argent pour remonter les finances de la troupe et approcher la mère d’Anya ? Tenter de la soustraire à une mort certaine ? Elmira est-elle vraiment la dernière sorcière ? Et qui est ce père dont Anya ignore tout ?

La tension dramatique tient le lecteur en haleine dès le début et tout le long du récit. Le lecteur entre peu à peu dans un univers fantastique où Anya se révèle, se confrontant à un monde de ténèbres et de domination funeste…

Peur dans la neige. Sandrine Beau, Mijade

Peur dans la neige est un roman policier.

Deux enfants, Fleur et son frère Julius, de faux jumeaux, passent leurs vacances chez leur grand mère surnommée Mamilia. Bien qu’elle soit en fauteuil roulant, Mamilia fait preuve d’un dynamisme hors du commun et parle comme dans les films de Michel Audiard.

Une nuit, tout va basculer à cause d’une petite lumière que Fleur aperçoit à la lisière de la forêt et d’une envie irrésistible d’aller aux toilettes.

Si Julius est très raisonnable, Fleur est beaucoup plus aventureuse. Elle ne peut résister à l’envie d’aller voir ce qui se passe à l’orée du bois. La maison est loin de tout. Pas question de trouver de l’aide chez les voisins. Cette lumière n’est pas un feu follet et quelqu’un la porte forcément. Fleur n’est-elle pas un peu trop curieuse ?

L’essentiel du roman va se dérouler en une nuit, terrifiante, pleine de rebondissements où les trois héros vont devoir faire preuve d’ingéniosité pour s’en sortir. S’ils s’en sortent … On ne peut en dire davantage sans gâcher le plaisir, plaisir du frisson, du suspens et même de la peur.

Mon cher correspondant. Maryvonne Rupert, Fleurus

Clara et Elio correspondent par e-mails. Rien d’étonnant à cela si ce n’est que la fillette vit en France et le garçon au Liban. A priori tout les oppose : sexe, pays, culture, milieu. Mais cet échange organisé entre leurs deux établissements scolaires va leur donner l’occasion de se connaître, de devenir amis ( et plus si affinités…) et d’ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure.


Clara aide Nour, la jeune Syrienne arrivée dans sa classe, à s’intégrer. Elio s’interroge sur le sort de sa « bonne », Amilia, une Philippine que jusqu’alors il ne voyait même pas. Bientôt ils auront un projet commun : retrouver la maman de Nour, réfugiée dans un camp près de Beyrouth.


Les chapitres alternent entre leurs e-mails mais aussi les lettres que Clara envoie à sa grand-mère et les extraits de son journal intime. Les informations sont ainsi livrées petit à petit, ce qui facilite la lecture car de nombreux thèmes sont abordés : la migration, la pauvreté en France, la vieillesse…
Un roman à la construction subtile qui célèbre l’amitié, la tolérance et la solidarité.