Dans les coulisses de l’album : 50 ans d’illustration pour la jeunesse et Focus sur Henri Galeron

L’inauguration de l’exposition s’est déroulée mercredi 25 mars à l’église St Étienne à Beaugency, en présence de notre invité d’honneur, Henri Galeron, de Denise Barriolade, présidente du CRILJ, et de Janine Kotwica, commissaire de l’exposition.

Questions à André Delobel, par Roger Wallet.

1. Est-il possible de discerner, dans ces 50 ans, des périodes, des dominantes dans l’esthétique de l’illustration ?

L’histoire de l’illustration des livres pour enfants témoigne d’évolutions lentes plus que de ruptures. C’est peu à peu que l’image s’est affranchie d’une fonction décorative ou documentaire pour se poser d’abord, à partir des années 1930, avec les albums du Père Castor, la question de sa lisibilité, puis, au fil de ces cinquante dernières années, assumer de mieux en mieux une liberté esthétique vis-à-vis du texte qu’elle commente volontiers et élargit souvent. « Est-ce encore pour les enfants ? » disent parfois ceux qui ne font pas confiance aux jeunes lecteurs.

2. Le fait de vous limiter aux illustrateurs français vous a-t-il privés de certaines esthétiques importantes ?

Nous limiter aux illustrateurs français nous privent de noms importants (certains sont dans le catalogue), mais pas vraiment d’esthétiques, du moins si l’on a en tête l’édition europénne et américaine. Aller faire un tour au Japon ou en Inde aurait, par contre, ouvert d’autres perspectives. L’illustration française s’est nourrie des « grands étrangers », Maurice Sendak par exemple, et elle est devenue l’une des plus inventive au monde.

3. Durant ces 50 ans, j’imagine bien que certaines innovations techniques ont induit de nouvelles esthétiques (le numérique par exemple)…

La révolution éditoriale des années 1970 est, pour l’album, au carrefour du mouvement d’idées foissonnant de l’époque et de progrès importants dans le domaine de l’imprimerie.
Elle se développe également en concurrence avec l’image cinématographique et télévisuelle d’une part et publicitaire d’autre part, que les illustrateurs intègrent dans leur travail et contestent à la fois. Il faut citer ici les éditeurs Harlin Quist et François Ruy-Vidal qui donnèrent « pages blanches à couvrir » à nombre d’entre eux. S’agissant du numérique, commençons par dire que l’on n’est qu’au début d’un élargissement incontestable des possibilités de la création . Qui s’ajoutera aux autres et ne se substituera pas. La gomme et le crayon ne sont pas à jeter à la poubelle après-demain. Je distinguerai, pour faire court, deux façons d’utiliser le numérique, une première où il s’agit simplement de profiter des facilités (relatives) qu’offrent les logiciels de traitement d’images ou la palette graphique, sans conséquence apparente sur le résultat, une autre qui laissent sciemment visible l’origine numérique de l’image. Nous n’en sommes pas encore à l’émergence d’une esthétique nouvelle, mais pourquoi pas. Il suffira que des lecteurs suivent comme certains, par exemple, recherchent parce qu’ils l’apprécient une illustration visiblement créée avec un aérographe. Signalons aussi que les progrès du traitement industriel de l’édition ont beaucoup facilité la fabrication des pop ups, des livres-objets ou, simplement, l’insertion d’une feuille en plastique transparent entre deux pages de papier blanc.

4. Vous affirmez, à travers cette exposition, votre volonté de montrer « les coulisses de l’illustration ». Comment cela se traduit-il concrètement ?

Si le travail premier d’un illustrateur est de créer, à la demande d’un éditeur, des images pour un livre, il n’est pas rare qu’Il investisse également les « périphéries » de son art. L’un fera des affiches, l’autre des cartes, un troisième des programmes. Et tous laisseront des traces, au fil de leurs rencontres avec les enfants et les médiateurs : des dédicaces, des invitations, des lettres malicieusement illustrées. Ces témoignages sont, généralement, précieusement gardés par ceux à qui ils sont adressés. Les coulisses, ce sont aussi les « pièces à conviction » du long processus d’élaboration des images et, faute de pouvoir présenter un atelier reconstitué, l’exposition montre quelques émouvants travaux préparatoires.

5. La typographie elle-même a-t-elle connu une évolution au cours de ces 50 ans ?

Réponse tout à fait personnelle. La typographie est un monde en soi et ses richesses sont anciennes. Je pense, pour ce demi-siècle, aux couvertures d’ouvrages signée Pierre Faucheux et André Massin. Les possibilités offertes par l’informatique facilitent aujourd’hui le travail. Mais force est de constater la pauvreté typographique qui domine dans la plupart des ouvrages publiés. Combien d’albums aux images somptueuses sont gâchés par un choix de caractère hasardeux et une mise en page fainéante !

6. Est-il possible de discerner des pistes particulières pour les décennies à venir ?

Les illustrateurs d’aujourd’hui, de plus en plus souvent sortis d’écoles d’art, sont d’une inventivité indéniable. Pas tous ? Non, certes, mais beaucoup. Tout est permis, tout est possible, mais l’édition est une industrie et nous ne vivons pas dans un monde de bisounours. Hypothèse pas trop risquée quand même : aux côtés d’esthétiques éprouvées et répétitives (il en faut), se développeront, dans le sillage de ce qui se publie aujourd’hui, des manières de faire plus stimulantes encore, innovantes et audacieuses, impertinentes parfois.

L’exposition est ouverte tous les jours jusqu’au 16 avril.

Journée professionnelle du salon de Beaugency 2015

 

La journée professionnelle aura lieu le 25 mars 2015

 

La littérature pour la jeunesse au scalpel : textes et images, entre conformisme et audace.

 

 (formation gratuite, renseignements et inscription : valdelire@orange.fr)

 

Le matin :

Les romans contemporains pour la jeunesse sont-ils toujours littérature ?

par Annick Lorant-Jolly,

longtemps professeur de français, rédactrice en chef jusqu’en 2014 de La Revue des livres pour enfants que publie le Centre national de la littérature pour la jeunesse (BnF), chargée spécifiquement de la partie « romans ».

 

L’après-midi :

Frilosités et innovations dans les albums contemporains pour la jeunesse

par Christian Bruel

auteur, éditeur scrupuleux pour Le Sourire qui mord puis pour les éditions Etre ; formateur infatigable, grand connaisseur de l’album, il manie assez souvent le scalpel, mais toujours à bon escient.

À bâtons rompus avec Henri Galeron

par Janine Kotwica et les participants

illustrateur pour Harlin Quist et François Ruy-Vidal, Pierre Marchand et François David, dans une veine hyperréaliste réinterprétée, friand de textes littéraires inattendus voire réputés « inillustrables » ; volontiers affichiste, il a également dessiné des timbres sur le thème de la lettre ou, en 2014, celui des vacances.

 

La journée professionnelle se clôturera par le vernissage de l’exposition à l’Église St Étienne à 18h30 :

DANS LES COULISSES DE L’ALBUM, 50 ans d’illustration pour la jeunesse (1965-2015), exposition produite par le CRILJ, à l’occasion de son jubilé,en partenariat avec Janine Kotwica et le Pôle jeunesse et patrimonial Heure Joyeuse de la médiathèque Françoise Sagan (Paris) et FOCUS SUR HENRI GALERON.

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Pour vous inscrire, téléchargez et envoyez nous la fiche ci dessous :

http://www.mediafire.com/view/mckc397oo4mnd8d/S15.Journée_pro._programme_et_inscription_2015.doc

 

 

Les invités du 30e Salon du Livre

 Henri Galeron 2008

Henri Galeron, illustrateur sera l’invité d’honneur de ce 30e anniversaire.

 

Il apprend à dessiner dès son plus jeune âge, est diplômé des Beaux arts de Marseille. Il entre aux éditions Nathan en 1967, et assure la direction artistique des jeux de 1972 à 1974, cette même année, il devient indépendant. Harlin Quist, à New York, publie son premier livre «  Le Kidnapping de la Cafetière ». Depuis, il publie de nombreux livres chez divers éditeurs. Il obtient le Prix Honoré en 1985, les éditions Gallimard lui consacre une monographie. Il enseigne à l’école Emile Cohl de 1987 à 1990. Ses dernières parutions sont Paysajeux aux éditions des Grandes Personnes en 2012, Dans mon oreille, aux éditions Motus en 2013. Il vient de terminer un travail d’adaptation et d’illustration des contes d’Alphonse Allais, Les contes à Sara, dont la parution est prévue en Octobre 2014, aux éditions des grandes personnes.

 

« Il a mis en images de nombreux documentaires et s’est fait connaître pour ses interprétations jubilatoires et décalées de textes littéraires déjantés, oniriques et inattendus. Une rencontre passionnante avec un artiste rare et discret ». Par Janine Kotwica.

Henri Galeron a réalisé l’affiche : « Joute entre illustrateur et auteur (rappel du bestiaire fantastique du moyen-âge) sur le pont du XIIIe de Beaugency. »

 

Emmanuelle Houdart, illustratrice, « elle développe un univers graphique animant l’inanimé, hybridant l’animal et l’humain, le merveilleux et le monstrueux, composant des représentations narratives où les personnages sont pourvus d’attributs symboliques qui traduisent leur identité comme leur état émotionnel ». Thierry Magnier. Son dernier album aborde un sujet rarement abordé dans la littérature jeunesse L’argent, aux éditions Thierry Magnier, Octobre 2013

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Catharina Valckx, auteure, illustratrice, née en Hollande, elle vit actuellement à Amsterdam. Le bonheur de ses personnages et de ses lecteurs conduit toujours à des histoires où le sourire croise la route de la poésie. Ce bonheur est partout, tapi dans des mots, entre des plumes de poule ou de canari, au détour d’une rue ou des pages de ses albums qui sont comme des manuels pratiques de la vie heureuse.

Les aventures de Totoche (Totoche ou la petite maison de Meredith, école des loisirs, 2009) ou encore de Billy (Cheval fou, école des loisirs, 2012) ne manquent pas d’humour et d’éclat.

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Katy Couprie, peintre, auteure, illustratrice, photographe. Elle a publié de nombreux albums entre autres, aux éditions Thierry Magnier et Au sourire qui mord. Son dernier album redonne vie au texte de Marguerite Duras, Ah Ernesto ! édité dans les années 70.

 

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Erik L’homme, auteur de romans traduits dans de nombreuses langues. Après avoir passé une maîtrise d’Histoire à l’Université de Lyon, il part à la découverte du monde pendant de nombreuses années, accompagné de l’un de ses frères, photographe, dans des voyages qui les conduiront du Pakistan à la Malaisie en passant par l’Afghanistan, les Philippines, le Liban, le Maroc et la Thaïlande. Il a écrit, entre autres, la trilogie Le livre des étoiles et la série fantastique A comme Association.LHomme©CatherineHelie

Edouard Manceau, auteur, illustrateur, il a publié  une centaine de livres, traduits dans de nombreux pays, utilisant différentes techniques comme le dessin, la peinture, le collage ou la photo. Ses derniers albums parus en 2014 sont Clic Clac, aux éditions Benjamin Média, Gros Cornichon, au Seuil ou encore, La petite caravane, Tourbillon.

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Martine Perrin, elle crée des livres pour permettre aux enfants de regarder autrement dit-elle,  « pour qu’ils s’étonnent, qu’ils dissocient, qu’ils associent, qu’ils comparent, qu’ils organisent, qu’ils manipulent, qu’ils imaginent, qu’ils créent et surtout qu’ils s’amusent. Avec des formes et des couleurs, des trames et des surfaces, des pleins et des vides ». L’ album animé Mon arbre à secret , édité chez les grandes personnes en 2013, étonne en effet par sa beauté et sa poésie.

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Joëlle Jolivet est illustratrice. Après des études de graphisme aux Arts appliqués de Paris, elle s’intéresse à la lithographie et suit des cours aux Beaux-arts. Cela la conduit à la gravure sur linoléum, son principal moyen d’expression aujourd’hui dans lequel elle excelle. Elle a publié plus d’une cinquantaine d’albums, dont la plupart sont traduits dans le monde entier.

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Insa Sané, slameur, leader du groupe le Soul Salm Band et comédien. Il est un auteur majeur de la nouvelle génération slam. Son premier roman Sarcelles-Dakar paraît en 2006 chez Sarbacane. Avec son groupe, le Soul Slam Band, Insa écume les scènes et sort son premier album en solo : Du plomb dans le crâne en 2008.

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Pascale Estellon est illustratrice et plasticienne. Après avoir collaboré aux éditions Mila de 1984 à 2001, elle se consacre essentiellement au travail d’illustration. Ses livres, destinés à des enfants dès leur plus jeune âge, sont édités, entre autres, aux éditions des grandes personnes.

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Laëtitia Bourget est auteure, illustratrice, plasticienne. Elle travaille dans un atelier d’artiste lorsqu’elle rencontre Emmanuelle Houdart à qui elle écrit un premier texte. C’est le point de départ de son travail d’écriture. Depuis, elle a publié de nombreux albums.

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Nadine Brun-Cosme, auteure de romans et de nouvelles. Par l’écriture, elle tente de saisir les multiples sensations quotidiennes qui nous ouvrent la porte du souvenir en même temps qu’elles façonnent notre chemin.

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Bernadette Després, illustratrice de la célèbre série Tom Tom et Nana. Elle illustre depuis 1977 avec humour les histoires se rapportant à la vie quotidienne de la famille. Elle a reçu de nombreux prix, notamment le Grand prix de l’Humour Tendre au Salon international du dessin de presse et d’humour de Saint Just le Martel en 2002.

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Lucie Félix, illustratrice, elle a étudié la biologie à l’université dans différentes villes. À la suite de son master, elle intègre l’école supérieure d’art d’Épinal. Elle commence à créer des livres dès sa sortie de l’école, 2 yeux, éditions des grandes personnes, 2012.

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Elisa Géhin, illustratrice. Passée par l’école Estienne, puis par les Arts Décoratifs de Strasbourg, elle vit maintenant à Paris. Elle travaille pour l’édition et la presse jeunesse. Son dernier album Ça va pas la tête ? aux éditions Hélium est un livre à tirettes inventif et drôle pour les petits.

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Véronique Delamarre Bellégo, auteure de nombreux romans pour la jeunesse. Elle a d’abord travaillé en entreprise à Paris, pendant quinze ans, avant de quitter la France pour s’installer en Asie. Elle a profité de cette expatriation, pour voyager dans la plupart des pays d’Asie, découvrir de nouvelles cultures, apprendre de jolies langues, exercer plusieurs métiers et se lancer dans la littérature pour la jeunesse.

Véronique Delamarre Bellégo , auteur de livres pour la jeunesse

 

Hubert Ben Kemoun, auteur. Il aime tous les genres littéraires. Il a écrit des histoires policières ou fantastiques, des feuilletons, des dramatiques pour la radio (Radio France), des scénarios pour la télévision, des pièces de théâtre et des spectacles musicaux. Il a, à ce jour, publié plus d’une centaine de livres de littérature de jeunesse (romans, albums…).

Hubert Ben Kemoun

Guy Jimenes, auteur. Bibliothécaire à Beaugency de 1977 à 2001, il est co-fondateur du salon du livre jeunesse de Beaugency. Son premier roman est publié en 1981, il se consacre entièrement à l’écriture depuis 2001. Il a obtenu en 1992 le Prix du Roman pour la jeunesse du Ministère de la Jeunesse et des Sports, jury des adultes, sur manuscrit pour La Protestation. Son dernier roman s’intitule Villa du Crime, édité chez Oskar en Juin 2014.

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Philippe Barbeau, auteur, conteur pour la jeunesse. Depuis une vingtaine d’années, il écrit des contes, romans fantastiques, réalistes ou policiers.

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Cédric Tchao, auteur, dessinateur de mangas. Il a créé Le Grand Pélican, en octobre 2012, histoire mêlant enquête policière, récit historique et fantastique, il constitue le premier volume d’une longue série annoncée. En 2014, Cédric Tchao a mené une résidence à Beaugency avec l’association Val de Lire.

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Lépithec, illustrateur de bande dessinée. Il apprend les différentes techniques du dessin animé à l’École Supérieure de l’image de Poitiers mais c’est sa passion pour la bande dessinée qui l’emporte. Il a illustré entre autres les aventures de José Lapin. 

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Véronique Mazière est auteure et illustratrice de livres destinés aux plus petits, entre autres, Bonjour Bonsoir, Didier Jeunesse.

Véronique Mazière

Alain Dary, scénariste de bande dessinée. Son dernier album, Papa ne sait pas, aborde la lutte contre l’illettrisme à travers l’histoire d’une petite fille et son papa.

Alain Dary

Mickaël Roux, dessinateur de bande dessinées. Il propose des univers tantôt drôle, poétique, absurde, cynique et cruel tout comme l’univers de l’enfance qu’il affectionne particulièrement.

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