Gros câlin de Nicolas Oldland

Un amour d’ours qui aime le vivant offre tendresse et câlins aux animaux et arbres de la forêt. Mais la rencontre avec l’homme venu abattre un arbre sans âge va déclencher un sentiment inconnu : la colère, et mettre à l’épreuve son amour des câlins. Sa véritable nature reprend le dessus et il finit par faire ce qu’il sait le mieux : un câlin à l’homme, lequel va s’enfuir en abandonnant sa hache.

Un album drôle et émouvant qui fait sourire et réconforte : c’est finalement l’amour qui a le dernier mot.

A partir de 2 ans – éd. Bayard Jeunesse (2014)

Ce n’est pas très compliqué de Samuel Ribeyron

On peut échanger juste en se regardant d’une maison à l’autre, en dessinant ensemble des arbres pour faire sourire le bitume un peu triste de la rue. C’est ce que font ces deux enfants. Mais si l’un d’eux demande ce qu’il y a dans votre tête, si vous vous inquiétez de savoir si vous avez un cœur ! Compliqué ? Il suffit d’ouvrir les bonnes portes et de regarder à l’intérieur de vous.

Texte épuré et illustrations sur double page se tissent pour dire avec finesse l’univers des émotions qui habitent la tête et le cœur de l’enfant.

A partir de 6 ans – éd. Hongfei (2014)

Est-ce huit glaces ? d’Eric Denniel et Fanny Fage

Est-ce huit glaces ? est un livre atypique et drôle qui joue avec les mots. Avec ce recueil, c’est un peu l’esprit de l’Oulipo qui est rendu accessible en littérature jeunesse. En plus de l’humour, certaines pages sont également poétiques ou émouvantes. Les images, à l’imaginaire étonnant, proposent de très jolies surprises. Elles contribuent au plaisir des doubles sens que le texte suggère, avec un jeu de renversement dans la mise en page qui les fait découvrir en s’amusant.

À partir de 6 ans – éd. Motus (2016)

Pleins feux sur la Maison d’édition HongFei

Val de Lire a choisi de mettre à l’honneur les éditions HongFeï à l’occasion du 32e Salon du Livre Jeunesse de Beaugency et Saint-Laurent-Nouan.

HongFei signifie « Grand oiseau en vol » en chinois. Le mot est emprunté au poète SU Dongpo (XIème siècle) qui désignait ainsi la vie, comme un oiseau s’envolant librement sans s’attacher aux traces qu’il laisse sur les sommets enneigés des montagnes survolées.

HongFei est une maison d’édition spécialisée jeunesse et interculturelle. Créée en 2007 par Chun-Liang Yeh et Loïc Jacob, elle s’installe en région Centre-Val-de-Loire, à Amboise, en janvier 2013.

HongFei développe une ligne éditoriale singulière valorisant une expérience sensible de l’altérité notamment à travers un rapport particulier à la Chine. Loin de la « montrer » comme un objet de curiosité, elle invite les enfants à la fréquenter à travers ses auteurs et à s’émerveiller autrement en empruntant leur regard.

Plus généralement, et sans lien systématique à la Chine, HongFei publie des albums qui invitent les jeunes lecteurs à élargir leur horizon à travers trois thèmes : le voyage, l’intérêt pour l’inconnu et la relation à l’autre. Son catalogue s’accroit désormais d’une dizaine de titres nouveaux par an et compte 70 titres.

Je serai cet humain qui aime et qui navigue, texte de Franck Prévot, illustrations de Stéphane Girel
Je serai cet humain qui aime et qui navigue, texte de Franck Prévot, illustrations de Stéphane Girel

 

 

La gazelle d’Hubert Ben Kemoun, commentée par Juliette

Valérie est une gazelle. Elle déroule. Elle le doit. A 17 ans, elle est une des plus jeunes marathoniennes de ces championnats de Buenos Aires.
Tout en avalant les kilomètres, la Gazelle pense. A sa mère, malade. A son père qu’elle n’a jamais connu. A Jacky, son entraîneur. A Elodie, sa principale concurrente. A Dimitri, son amour caché. A la course, aux supporters, aux banderoles publicitaires, aux autres coureuses, aux kilomètres, à la douleur aussi.

Ce récit est un bout de vie. De celle de Valérie mais aussi des gens qu’elle a rencontrés. Au fil des pages, des kilomètres, elle se livre. Ce qu’elle aime, ou pas. Ceux qui l’entourent. Ce qu’elle aimerait qu’il se réalise.
Ce qu’elle voit autour d’elle quand elle court se mélange à son récit. Buenos Aires, ses bâtiments, son histoire aussi.

Va-t-elle arriver à son but, à la fin de la course, terminer en bonne place ?

Un court roman sur le sport intensif et sur la vie et ses aléas.

« Le regard des princes à minuit » commenté par Juliette

« Le regard des princes à minuit » d’Erik l’Homme



La chevalerie était-elle encore possible dans notre monde ? 
Telle est la question qu’Erik l’Homme nous pose tout au long de ce court et beau récit.
Le livre se présente sous la forme de nouvelles, chacune en deux parties : la première a lieu aujourd’hui, la seconde est une référence à un ouvrage du moyen âge.
La première nouvelle, sûrement ma préférée, est très surprenante. Le personnage que l’on suit a un rencard mais son amie lui a demandé de venir en costard … On suit les interrogations du jeune homme se demandant ce qui peut bien l’attendre.
Cela dépassera tout ce qu’il a pu imaginer : une danse originaire de Pologne et du 16ème siècle, la mazurka. Et le voilà, Faustine dans ses bras, à danser sur un parking en compagnie de quelques autres couples, à la lumière des phares des voitures, au son du violon, au rythme de la musique.
Ensuite vient le parallèle avec « Les Sept Bacheliers ou l’Epreuve périlleuse » de Cosme d’Aleyrac, un texte de 1190. Il parle d’un chevalier qui découvre une jeune fille magnifique et qui, sans la connaître, lui propose son bras.
Tout l’ouvrage d’Erik l’Homme est poétique, mystérieux.

Il nous prouve que les valeurs des chevaliers n’ont pas disparues, qu’elles sont toujours autour de nous, sans que l’on s’en rende compte.

Conclusion

Erik l’Homme nous offre là un beau récit, parlant de courage, d’héroïsme, de générosité. C’est beau et poétique, le livre se termine trop vite.