Les livres du Prix Jacques Asklund 2021

Cinq romans sélectionnés

Les romans du Prix Jacques Asklund sont sélectionnés par des membres des bibliothèques du réseau de lecture publique de la CCTVL et de Val de Lire. Ils sont adressés aux enfants de CM2-6e-5e du territoire, qui désignent un-e lauréat-e à qui le prix est remis lors du salon du livre jeunesse.

Dans la semaine du 21 au 25 septembre 2020, les lectrices de Val de Lire et les bibliothécaires se rendent dans les classes inscrites pour proposer des lectures d’extraits des 5 romans sélectionnés. Ensuite, les élèves auront jusqu’au 10 mars 2021 pour les lire et choisir leur livre préféré.

Renseignements pour participer au Prix auprès de la médiathèque La Pléiade.

Jubeï : la voie de l’eau. Le forgeur d’âme. Sylvain Rumello, éditions à contresens

Auprès du maître Funaki, « le forgeur d’âmes », trois jeunes gens, une fille et deux garçons, vont apprendre la solidarité et la persévérance. Ils vont aussi apprendre à se connaître eux-mêmes et trouver la force mentale autant que physique d’atteindre le but qu’ils se sont fixé. Emiko , la jeune princesse, veut reconquérir le trône de son père qui a été empoisonné.

Buichi, fils d’un héros, veut devenir un valeureux guerrier comme son père.

Quant à Jubeï, fils d’artistes, il n’a qu’un talent « celui de s’attirer les pires ennuis » car il ne supporte pas l’injustice. Ses parents veulent le protéger et qu’il apprenne à se défendre.

Au cours du récit chacun devra découvrir l’élément qui lui ressemble : pour Emiko ce sera le vent, pour Buichi le feu et pour Jubeï l’eau.

Le grand maître Funaki leur impose une autre discipline : celle de la connaissance. Il leur faudra affronter les guerriers du seigneur Mikoto « qui fait trembler les peuples ».

Ce roman est une haletante initiation où chacun peut se reconnaître dans l’une ou l’autre des élèves du maître Funaki.

Ethan et Orion. Sylvie Allouche, éditions Syros.

Ethan, jeune orphelin, s’est enfui de l’orphelinat où il est maltraité. Dans sa fuite, il rencontre le magnifique cheval blanc Orion dont il comprend le langage.

Celui-ci lui raconte son histoire. Orion est lui-même en fuite car il est condamné pour avoir fait chuter un seigneur. Arrivés à une ferme ils vont retrouver Perle noire, la soeur de Orion, et Ethan fera la connaissance de Zéli et de son père Augustin. Tous devront défendre Orion des chasseurs qui le poursuivent encore.

De surprises en rebondissements « Ethan et Orion » nous emmène dans un univers poétique et fantastique.

La Dernière sorcière. Johan Héliot, Fleurus

Peur dans la neige. Sandrine Beau, Mijade

Peur dans la neige est un roman policier.

Deux enfants, Fleur et son frère Julius, de faux jumeaux, passent leurs vacances chez leur grand mère surnommée Mamilia. Bien qu’elle soit en fauteuil roulant, Mamilia fait preuve d’un dynamisme hors du commun et parle comme dans les films de Michel Audiard.

Une nuit, tout va basculer à cause d’une petite lumière que Fleur aperçoit à la lisière de la forêt et d’une envie irrésistible d’aller aux toilettes.

Si Julius est très raisonnable, Fleur est beaucoup plus aventureuse. Elle ne peut résister à l’envie d’aller voir ce qui se passe à l’orée du bois. La maison est loin de tout. Pas question de trouver de l’aide chez les voisins. Cette lumière n’est pas un feu follet et quelqu’un la porte forcément. Fleur n’est-elle pas un peu trop curieuse ?

L’essentiel du roman va se dérouler en une nuit, terrifiante, pleine de rebondissements où les trois héros vont devoir faire preuve d’ingéniosité pour s’en sortir. S’ils s’en sortent … On ne peut en dire davantage sans gâcher le plaisir, plaisir du frisson, du suspens et même de la peur.

Mon cher correspondant. Maryvonne Rupert, Fleurus

Clara et Elio correspondent par e-mails. Rien d’étonnant à cela si ce n’est que la fillette vit en France et le garçon au Liban. A priori tout les oppose : sexe, pays, culture, milieu. Mais cet échange organisé entre leurs deux établissements scolaires va leur donner l’occasion de se connaître, de devenir amis ( et plus si affinités…) et d’ouvrir les yeux sur le monde qui les entoure.
Clara aide Nour, la jeune Syrienne arrivée dans sa classe, à s’intégrer. Elio s’interroge sur le sort de sa « bonne », Amilia, une Philippine que jusqu’alors il ne voyait même pas. Bientôt ils auront un projet commun : retrouver la maman de Nour, réfugiée dans un camp près de Beyrouth.
Les chapitres alternent entre leurs e-mails mais aussi les lettres que Clara envoie à sa grand-mère et les extraits de son journal intime. Les informations sont ainsi livrées petit à petit, ce qui facilite la lecture car de nombreux thèmes sont abordés : la migration, la pauvreté en France, la vieillesse…
Un roman à la construction subtile qui célèbre l’amitié, la tolérance et la solidarité.

Formation : Pourquoi « perdre son temps  » à raconter des histoires ?

Jeudi 10 et vendredi 11 décembre 2020 : 2 journées de formation

À destination des professionnel·les et bénévoles.

À Beaugency, à la Maison de la Jeunesse, 27 rue de la Fontaine aux Clercs.

Programme :

  • Jeudi 9h-12h : Décrypter les enjeux de la lecture à haute voix auprès des tout-petits, des plus grands et de leurs parents dans le cadre de la prévention des exclusions, des discriminations dont celle de l’illettrisme. À partir du partage d’expériences de praticiennes, enrichies des recherches sur le sujet, débat et construction d’un cadre commun de réflexion.
  • Jeudi 14h-17h: Littérature de jeunesse : De quels livres parle-t’on ? Atelier d’immersion dans les albums. Analyse d’albums, réflexion sur les critères de choix, sélection.
  • Vendredi 9h-12h ; 14h-17h : Entrainement à la lecture à haute voix : mise en voix, exercices et lectures d’albums.

Intervenant·es : Dominique Veaute, Catherine Métais de Livre Passerelle; Cie les fous de bassan! et Val de Lire.

Sur inscription ici (Les places sont limitées)

Coût de la formation : coût d’une adhésion à Val de Lire (15 €).

Cette formation est co-financée par Val de Lire dans le cadre du dispositif Appel à projet FDVA « formation des bénévoles » et par ALFA CENTRE.

Un atelier pop’up avec Eric Singelin – complet

Eric Singelin est invité par l’association Val de Lire pour animer un atelier de création de pop’up. Les participants pourront découvrir les techniques du pop’up et confectionner des cartes animées.

20, 21 et 22 octobre à la maison Agora de 14h à 17h

À partir de 7 ans. Pour enfants, adolescents et adultes.

Les places sont limitées.

Coût : 15 € pour les 3 jours/ famille + 1 adhésion à Val de Lire à 15€.

Inscription obligatoire ici ou au 02 38 44 75 66 ou association@valdelire.fr .

Eric Singelin est ingénieur papier et graphiste. Il explore les différentes dimensions du papier, développe la technique du pop-up et des livres à systèmes. Il aborde le pop’up comme de la sculpture en jouant sur la lumière et la flexibilité du papier. Ses illustrations délicates se déploient comme par magie.

Jouer avec les livres

L’association Val de Lire initie des temps de formation à destination des adultes pour découvrir et mettre en place des activités autour du livre.

Le premier rendez-vous sera autour de la thématique « Jouer » : des jeux calmes, sportifs, d’écriture en lien avec les livres à partager avec des enfants, des adolescent·es et des adultes.

Ces ateliers s’adressent aux professionnel.les (animateur.rices, enseignant.es, bibliothécaires…) et aux bénévoles, parents, grands-parents…

Deux dates sont proposées : le mercredi 7 octobre et le samedi 10 octobre, à la Maison Agora, de 14h à 16h30. (Il s’agit du même atelier proposé deux fois).

Deux autres sessions auront lieu  « Fabriquer » le 20 et 23 janvier et « Interpréter  » le 19 et 22 mai 2021.

Le formateur est Andy Kraft, artiste plasticien, lecteur de Val de Lire. Il a été formateur éducation populaire et enseignant en classe maternelle et collège.

L’atelier est gratuit pour les adhérents de Val de Lire (coût de l’adhésion : 15 €).

Inscription obligatoire en cliquant ici et renseignement : association@valdelire.fr ou 02 38 44 75 66.

L’été 2020 avec Val de Lire

Lectures en extérieur avec Roulebarak :

Mercredi 8 juillet entre 16h et 18h, parc de la rue Croquemotte à Beaugency.

Mercredi 15 juillet entre 16h et 18h, aire de jeux de Tavers.

Mercredi 22 juillet entre 16h et 18h, parc de la rue Croquemotte à Beaugency.

LECTURES-ATELIERS

du 25 juillet au 30 août

Dans le cadre des Estivales de Beaugency :

des lectures et un atelier tous les mardis.

Comptines plurilingues, fresque sur le thème de l’été, création d’images en pop-up…

Renseignements sur les lieux et inscriptions auprès du pôle culturel de la ville de Beaugency : Estivales 2020


Programme :

Mardi 28 juillet à 16h : lectures et création d’une image pop-up.

Mardi 4 août à 16h : lectures en plusieurs langues et jeu de devinettes dessinées.

Mardi 11 août à 10h : comptines en français et à travers le monde.

Mardi 18 août à 16h : lectures et fresque sur le thème de l’été.

Mardi 25 août à 16h : lectures et création d’une image pop-up.

Des albums et des langues

Val de Lire s’appuie pour ses actions de lectures partagées sur un fonds d’albums qui permet de s’étonner de la variété des formes icono-textuelles existantes.

L’association s’attache aussi à proposer des albums ouverts sur la diversité linguistique.

Des albums bilingues, ou en langue étrangère, sont emportés dans les valises ou dans le camion Roulebarak, lors des rencontres avec des publics allant de la petite enfance aux adultes non francophones.

Retrouvez la description du fonds plurilingue de Val de Lire dans le document ci-dessous.

En mettant à disposition des albums en langues étrangères, Val de Lire cherche à ouvrir un espace de découverte, de discussion, aussi bien entre « monolingues », ne parlant que le français ou une autre langue, qu’avec les personnes plurilingues. Chacun peut y nourrir une curiosité pour d’autres expressions culturelles, des sonorités, des significations, des signes alphabétiques différents, mais aussi en retour interroger et prendre plaisir à sa propre/ses propres langues.

Les personnes présentes peuvent enrichir ce fonds en proposant des traductions écrites ou enregistrées au dictaphone.

Val de Lire nourrit sa réflexion et ses projets sur ce sujet au contact d’initiatives comme le séminaire Babil Babel de l’Agence Quand les Livres Relient, qui recueille et restitue des recherches théoriques et pratiques sur le plurilinguisme et la petite enfance. L’Agence rappelle que les bibliothèques, structures de la petite enfance et associations ont un rôle à jouer dans la valorisation de la diversité des langues et des cultures. Il s’agit non pas de considérer les langues selon une vision utilitariste, de « stratégie » sociale, mais de reconnaître la dignité de chaque locuteur dans sa langue, de permettre des discussions entre les cultures.

Coup de coeur pour le travail éditorial de Didier Jeunesse, collection de comptines et de chansons à travers le monde.

Les plus belles comptines d’Europe, propos de la directrice des éditions Didier Jeunesse, Michèle Moreau :

Nous souhaitons offrir à l’enfant une sensibilisation plus qu’une véritable initiation aux langues. Tous les enfants, et pas seulement ceux des familles bilingues, sont concernés.

Cette collection des éditions Didier Jeunesse présente des comptines, berceuses, chansons dans de très nombreuses langues. Les livres en eux-mêmes sont de belles créations, toujours magnifiquement illustrées. Les comptines/chansons sont rédigées dans leur langue d’origine, en phonétique lorsqu’il ne s’agit pas de l’alphabet latin, et enfin traduites. Certaines comptines sont mises en écho avec des comptines françaises, pour souligner les passerelles entre les cultures. Le lecteur peut trouver en fin de livre des commentaires sur le collectage des textes, leurs origines et une explication.

Ces livres sont toujours un support privilégié d’échanges lors des temps de lectures, que ce soit en faisant remonter des souvenirs d’enfance, en s’amusant à découvrir des textes courts et souvent savoureux inconnus, ou pour les partager simplement.

Ce sont des livres-CD, dont les interprétations sont aussi disponibles sur des plateformes d’écoute en ligne. Les accompagnements musicaux et les interprétations sont particulièrement réussies, absolument pas mièvres, que ce soit les chants par des enfants ou par des noms reconnus du monde musical. Au delà de la langue, on s’initie aux instruments et aux rythmes des pays traversés.

Projet  » Je n’ai pas ma langue dans ma poche « , soutenu en 2019-2020 par la Fondation SNCF.

Coups de coeur d’été

En attendant une programmation de lectures et d’ateliers cet été, retrouvez les coups de coeur des lectrices et lecteurs qui évoquent les beaux jours, les vacances, la mer, le temps suspendu, les jeux…

Coup de coeur pour J’aime l’été de Minne, illustré par Natali Fortier, éditions Albin Michel Jeunesse, par Roselyne Chassine.

Natali Fortier et  Minne - J'aime L'été....

Ce livre compile une foule de petits riens qui nous parlent à tous.

Des petits riens d’été…

Chaque page s’ouvre avec un « j’ai aimé » écrit de plusieurs plumes, celle de Minne, la tienne, la mienne assurément… Suivent quelques lignes qui, dans un style simple viennent chatouiller nos sens. L’illustration aux couleurs douces, toute en finesse ajoute une petite touche nostalgique à chaque page.

Des préparatifs au trajet, des siestes sous la chaleur écrasante à la fraîcheur du crépuscule, des secrets échangés aux histoires inventées, par petites touches, l’été s’offre à nous.

La contemplation d’une araignée dans sa toile, du parcours des fourmis, des nuages ou du ciel étoilé ; la caresse du brin d’herbe, les pierres de la rivière, l’écume des confitures et la brûlure du soleil, les rêves, les jeux de l’enfance jusqu’au jour où les hirondelles-pinces à linge se posent sur les fils et annoncent la fin de l’été…

Un joli livre qui ouvre la boîte à souvenirs des étés de l’enfance.

Coup de coeur pour Belle maison d’Anaïs Brunet, éditions Sarbacane par Isabelle Gracia.

Une couverture aux couleurs vives, avec deux enfants à l’extérieur d’une maison.

Anaïs Brunet, autrice et illustratrice, nous conte une histoire d’amour éternel, de nostalgie, de fratrie, de génération,de maison refuge. La narratrice, somnolente, est réveillée par la sonnette de la porte d’entrée. C’est l’été !

Les enfants sont revenus !

Ils passent de pièce en pièce, grimpent dans les étages, reprennent des repères, réinstallent la maison, lisent, redécouvrent des jeux, et vont vite regagner la plage. Une journée se déroule sous l’œil de la narratrice.

Mais qui est la narratrice ? Leur grand-mère ?

Non, c’est la maison familiale  de vacances qui revit, vibre, a des sentiments humains,veille avec bienveillance sur les enfants.

Ce soir, chers petits, je vous protégerai contre l’orage et la tristesse… N’ayez crainte : je vivrai assez longtemps pour vous voir grandir. Vous me quitterez un jour… Vous saurez où me trouver. Je demeurerai pour toujours, votre belle maison.

Anaïs Brunet

Coup de coeur pour Bulle d’été de Florian Pigé, éditions HongFei, par Marie-Claire Degrave.

Vacances d’été : un jeune garçon prend son petit déjeuner au bord de la piscine, les pieds dans l’eau, il observe un oiseau qui s’approche.Une double page les montre tous deux de profil dans une communion parfaite de couleurs et de regards.

Et le récit commence. Le garçon passe seul les vacances : il observe les petites bêtes, dessine, regarde la télé, s’ennuie un peu sans doute. L’après-midi, revêtu de sa cape de héros, il soigne les chats du quartier, enfourche son vélo et part à l’aventure.  « Le temps est comme suspendu », dit l’auteur, place alors à l’imagination et au rêve.

Parfois il croise Lily mais sans oser l’aborder ! Il se contentera de rêver d’elle.

Les vacances s’achèvent, elles ont passé vite… la chambre est bien rangée, c’est déjà la rentrée.

Une bonne surprise l’attend dans sa nouvelle classe.

Tout est réussi dans cet album : le texte, jamais puéril, sonne juste et va à l’essentiel ; les illustrations jouent sur les différents codes  (la BD, le dessin d’animation ) et varient les angles de vue . Le choix des couleurs chaudes correspond tout à fait à la sensibilité du garçon proche de la nature et la mise en page donne un rythme particulier à l’histoire.

Un grand coup de cœur pour cet album plein de poésie : enfin une histoire où il ne se passe rien, de l’émotion pure.

Coup de coeur pour L’un d’entre eux de Géraldine Alibeu, La Joie de Lire, par Sylvie Van-Praët.

Voici un album où l’illustration et le texte jouent à cache cache avec le sens d’autant plus facilement que les pages des illustrations et celles du texte se tournent indépendamment l’une de l’autre.

L’un d’entre eux mais lequel ? Surtout que le narrateur s’en mêle en fin d’album:

Je suis l’un d’entre eux.

Quelquefois,

j’imagine que je suis un autre.

Les illustrations mettent en scène, de page en page, les mêmes personnages reconnaissables à un vêtement ou un accessoire. Ils sont à la plage, dans les dunes, à la terrasse d’un café en bord de mer. Mais aucun indice ne permet de savoir ce que raconte le texte : lequel a un grain de beauté à l’intérieur du nombril, est un ancien agent secret, a un goût amer de dentifrice dans la bouche ? De plus cet univers de vacances assez ordinaire bascule lorsqu’apparaissent trois chevaliers et une princesse à cheval. Rêve ? Histoire que le narrateur se raconte ? Tournage d’un film ? Pourtant cette apparition ne perturbe en rien les activités des vacanciers…Mais à bien y regarder que fait ce pélican dans les bras d’une petite fille, quelles sont ces feuilles avec un gros point jaune distribuées à chacun d’entre eux à la fin de l’album : une photo de la femme photographe ? Le texte correspondant à chacun ?

Entre quotidienneté et onirisme, entre illustrations et textes, l’album nous invite à un parcours en tous sens. Car ici le sens de la lecture – du début à la fin – n’a guère d’utilité. On se balade dans les pages illustrées et les pages écrites jusqu’à ce qu’il soit l’heure de rentrer.

Coup de coeur pour Après l’été de Lucie Félix, Les Grandes Personnes, par Sylvie Van-Praët.

Le dessin très graphique de l’autrice nous emmène à travers les saisons de la pomme au pommier, de l’oiseau au nid, de l’automne à l’hiver et enfin à la couvée du printemps. Les découpes de la page de droite révèlent, lorsque l’on tourne la page, des formes sur la page de gauche.

Une pomme à croquer, un ver dans la pomme, un rouge-gorge qui mange le ver, un nid construit pour le rouge gorge …l’enchaînement des éléments évoque la comptine. D’autant que les phrases qui ne disent que l’essentiel jouent parfois d’une rime en « é » et donnent au récit sa fluidité.

Les catastrophes provoquées par l’orage et la tempête sont réparées par ce simple jeu de découpe qui donne à l’album ce ton poétique et un peu fantastique.

Les illustrations sont traitées en couleurs vives et les courtes phrases en bas de page, pour la plupart, laissent aux illustrations le soin de révéler l’histoire.

Coup de coeur pour Jouets des champs, d’Anne Crausaz, éditions MeMo par Nicole Verdun.

Sur la couverture cartonnée, un pied de coquelicots et des herbes folles. Parmi les fleurs de coquelicot, l’une avec seulement un pétale, une autre dont la corolle retournée transforme la fleur en poupée, et toutes les autres en bouton. L’œil de l’observateur est au ras du sol. Le dessin d’Anne Crausaz est fait d’aplats de vert et rouge, quelques détails au trait noir fin. La page de garde propose un pied de bouton d’or et deux graminées.

Et puis arrive l’invitation de la maman à la promenade, Lucien ira avec seulement Petit ours. La double page du départ de la chasse aux trésors nous montre le petit garçon marchant au milieu d’une superbe végétation de prairie : ombelles, graminées variées, boutons d’or, coquelicot, l’œil est toujours au ras du sol…Puis, le point de vue s’élève. Depuis le haut du bras, un akène d’érable se transforme en hélicoptère dont l’hélice tourne. Dans cette jungle où s’ajoutent maintenant liseron et trèfle, Petit ours est perdu … puis retrouvé. L’observateur domine maintenant un espace où les pissenlits laissent envoler leurs graines comme des parachutes. Des corneilles se posent dans la prairie. Allongé dans l’herbe Lucien se repose, se laisse chatouiller par une coccinelle, regarde la lune en plein jour. Il apprend à faire des bateaux avec du bois et des feuilles, des poupées avec les fleurs de coquelicots, une couronne avec celles des pissenlits. À la fin de la journée, de retour à la maison, il admire sa récolte.

Toutes les illustrations sont en double page, le texte vient se poser dessus.

Anne Crausaz, avec cet album, propose une promenade d’été, bucolique et tendre, ponctuée de dialogues à minima. Elle invite, petits et grands, à prendre le temps de regarder, de rêver, de glaner, de construire des petites choses. Son dessin précis et léger restitue un monde végétal de bord de sentier ou de prairie. Si on regarde bien, on peut le voir bouger sous le léger souffle tiède du vent … 

Coup de coeur pour Pipi dans l’herbe, de Magali Bonniol, L’école des loisirs, par Nicole Verdun.

Que celles, petites ou grandes, qui n’ont jamais ressenti une envie pressante au cours d’une randonnée ou d’un après-midi dans la nature lèvent la main ! Une petite fille, au milieu d’un pré, se trouve saisie par cette envie. Ce sont ses paroles et ses réflexions qui sont transmises au lecteur par l’autrice par l’utilisation du « je » . Le défi à relever : choisir le bon endroit. Celui qui ne soit pas être ni envahi par les orties, ni habité par une grosse araignée… Le lieu idéal étant repéré, la petite fille peut se soulager en espérant que l’araignée ne l’a pas suivie. Oui, mais voilà, la belle rivière de pipi, sème la panique chez les fourmis, provoque l’inondation pour la coccinelle. La petite fille porte secours aux petites bêtes, mais trouve tout de même qu’elles font beaucoup d’histoires pour pas grand chose !

Les phrases courtes, qui reprennent les paroles de la fillette sont présentées sur la page de gauche et l’illustration sur la page de droite. Traits fins noirs pour le dessin, les surfaces sont colorées en couleurs unies. Le visage et les attitudes de la petite fille traduisent ses émotions ou réflexions. L’histoire commence de façon réaliste et se termine par un dialogue purement imaginaire avec la coccinelle.

Coup de coeur pour Le Voyage de l’âne d’Isabelle Grelet et Irène Bonacina, Didier Jeunesse, par Marie-Claire Degrave.

L’âne tourne en rond dans la ferme : toujours les mêmes animaux, les mêmes activités ! Quelle vie monotone ! Alors aux beaux jours, il répare un vieux combi et décide de partir ailleurs, vers le sud.

Mais les autres aussi, le coq, le cochon, le lapin, la chèvre ont envie de participer au voyage. Entre amis, on est solidaire : l’âne est facilement convaincu de l’utilité de chacun et un beau matin, en route !

Une vraie fête ! On traverse la France puis l’Espagne. Quand un animal trouve le lieu idéal à son épanouissement personnel, il s’arrête. Finalement l’âne arrive seul à Gibraltar. La mer, le soleil, l’horizon… que c’est beau !

Oui, mais il ne tarde pas à tourner en rond en quête d’un autre bonheur : l’amour.

Justement, une « ânesse aux belles tresses » répare un pédalo pour gagner l’Afrique. Elle accepte la compagnie de l’âne mais c’est elle qui tiendra le gouvernail, à gauche. Très belle conclusion !

Cette histoire est très agréable à lire avec les enfants. Les illustrations sont détaillées, amusantes, les personnages expressifs, et les doubles pages sur le parcours donnent envie de découvrir ces paysages. Le texte (des dialogues entre les animaux) suit toujours le même schéma donnant ainsi un rythme particulier que les enfants mémorisent. S’ajoute un vocabulaire d’une grande richesse.

Un album idéal après le confinement !

Coup de coeur pour Moon Brothers, par Sylvie Van Praët

Moon Brothers, Sarah Crossan, traduit par Clémentine Beauvais, Rageot, 2019.

Pour Joe, Ed c’était son « frère, mais c’était aussi un genre de père et de meilleur ami ».

Si Joe part pour le Texas c’est pour retrouver ce frère qui est parti il y a longtemps. Il n’était alors qu’un petit garçon dans une famille sans père et quasiment sans mère.

Maintenant Edward Moon attend son exécution à moins que la cour d’Etat, la cour suprême et en dernier recours le gouverneur n’en décident autrement.

Joe raconte ses journées, ses rencontres au parloir avec ce frère à qui il ne sait pas quoi dire..

Joe se souvient de lui, si prévenant, qui l’emmenait à l’école et lui racontait des blagues.

Joe ne peut croire à la culpabilité de son frère.

« Ils ont coffré Ed pour le meurtre d’un flic,

un crime bien moche,

mais tous les criminels ne finissent pas sur la chaise,

électrique. »

Dans la touffeur du Texas Joe bricole une voiture en gage de quoi on lui fournit une chambre et de quoi manger.

Entre les parloirs et les souvenirs Joe redécouvre ce frère comme un « mec bien » et l’attente n’en devient que plus oppressante.

Et puis il y a Nell, une fille délurée qui prend de plus en plus de place « Je pense à Nell, son short, son T-shirt lâche, pas à Ed et à son jogging ».

De chapitre en chapitre le temps s’écoule et le gouffre se creuse entre la résignation de Ed et l’espoir mêlé de colère de Joe.

Le récit est à la première personne et le narrateur nous livre sans voile, ses impressions, ses souvenirs, ses émotions, ses désirs et ses défaites. Cela donne à ce livre une forme très particulière de chapitres très courts, le plus court étant celui-ci :

 » Jour suivant

Pareil « 

et des chapitres plus développés dont l’un des plus longs est sans doute le récit par Ed du périple qui lui valut de se retrouver en prison.

« Moon Brothers » ressemble ainsi à un journal intime où les personnages de sa sœur, sa mère, sa tante sont dévoilés progressivement au fil des souvenirs et l’histoire de Joe se construit comme un puzzle où le lecteur est très actif.

C’est bien sûr un plaidoyer contre la peine de mort pratiquée encore aux Etats Unis.

Coup de coeur pour Inséparables, par Anouk Gouzerh :

A découvrir, de la même autrice : Inséparables (éditions Rageot, 2017), l’histoire de Grace, sa rentrée au lycée, son premier amour, sa relation avec sa soeur Tippi, sa famille… une histoire classique, sauf que Grace et Tippi sont des « soeurs siamoises », aux tempéraments bien différents.

Le livre est, comme Moon Brothers, écrit en vers libres, et évite avec talent le voyeurisme, le pittoresque ; il explore toute la complexité des relations entre les personnages, et nous émeut fortement lorsqu’il exprime le sentiment de risque avec lequel les deux soeurs vivent, de santé fragile alors qu’elles commencent à s’ouvrir au monde.

Ces romans nous ont été présentés par les bibliothécaires de la médiathèque La Pléiade de Beaugency dans le cadre du club Book Ados, pour découvrir la littérature jeunesse à partir de 13 ans (un vendredi soir par période, à la médiathèque).

Un salon virtuel : la 35e édition en dessins

Le 35e salon du livre jeunesse de Beaugency et Saint-Laurent-Nouan ne peut ouvrir au public… mais nous avons choisi de le visiter à travers des dessins inspirés des univers de nos invité-es, des jeux et animations du salon, des performances prévues…

Dessins de Chloé Gouzerh, qui avait croqué la 34e édition, à retrouver ici : croquis.

Une célébration du thème du salon, l’écologie, le jardin, bien sûr la lecture, et pour la joie, beaucoup de danse…

Pour la soirée inouïe 2020, nous attendions les improvisations du trio vocal Rurutu de la compagnie Extravague, et les improvisations dessinées de Jeanne Macaigne, voici leur travail revisité.

Passons aux invité-es… et commençons par l’invité d’honneur, Christian Voltz !

Une image inspirée d’une couverture d’un livre collectif, Contes de Baïka, aux éditions des éléphants, auquel a participé notre invitée Claire Lecoeuvre, autrice et journaliste scientifique.

A présent, Eric Singelin, artiste et ingénieur papier, créateur de pop-up… on voit ici Zou le Zoo écrit par Cécile Roumiguière, et on aperçoit Je suis l’arbre.

Une petite pause par les jeux du salon, et la fameuse pêche à la ligne des livres, dans un décor inspiré du thème de cette année.

à suivre

Une incursion dans un projet d’exposition par Andy Kraft, « Les livres au salon », qui a donné lieu à des ateliers au centre social de Beaugency le Lab’o des possibles, chez César et Firmin, et avec des bénévoles de Val de Lire. Avec la complicité des couvertures d’albums de nos invité-es…

Un aperçu de deux ateliers préparés par les bénévoles de Val de Lire pour la salle des jeux :

Une fresque de collages à partir de catalogues d’éditions jeunesse, sur le thème « cultivons, cheminons, cabanons », ici un exemple avec les éditions MeMo:

Un atelier pâte à modeler, inspiré du livre Du plus petit au plus grand de Bernadette Gervais (éditions Les Grandes personnes), où l’on choisit les animaux mis en danger par le réchauffement climatique et les activités humaines :

Françoise Rogier, le loup et les trois petits cochons…

Le salon d’essayage d’histoires de Livre Passerelle, avec les fous de bassan ! et les Mille univers :

Le camion à histoires Roulebarak ! et une mise en scène des personnages d’après Les Mots sont des oiseaux (Marie Sellier, Catherine Louis, éditions HongFei Cultures), On échange ! (Bernadette Gervais, Seuil Jeunesse), Bim Bam Boum (Anne Crahay, Elan Vert), La Fée, le fantôme et la petite fille aux grandes oreilles (Michel Maraone, Annie Bouthémy, Bilboquet).

Booktubes : Jeanne Benameur par les collégiens de Meung-sur-Loire.

Par et avec : la classe de 4e D du collège Gaston Couté de Meung-sur-Loire, avec Mme Bondeel, professeure de français, et Mme Amady, professeure documentaliste.

Les élèves ont participé au projet TOP’ADOS : ils ont lu six romans de Jeanne Benameur et ont réalisé et monté des booktubes, des vidéos pour partager leur avis et coups de coeur.

Retrouvez ci-dessous cinq booktubes qui auraient dû être présentés par les élèves lors du salon du livre.

Samira des Quatre-Routes

Présentation : Marine, Matthys, Tiago, Titouan.

Le Ramadan de la parole

Présentation : Alban – Hugo – Noah – Oscar

Valentine Remède

Présentation : Arnaud – Altin – Léo – Mathis – Silvino – Théo

Pourquoi pas moi
Ça t’apprendra à vivre